Le coordonnateur national du renseignement ivoirien, Vassiriki Traoré, a effectué une visite de travail de trois jours à Bamako, à l’invitation du directeur général de l’Agence nationale de la sécurité d’État (ANSE) du Mali, le général Modibo Koné, pour discuter notamment de la lutte contre le terrorisme et du renforcement de la coopération en matière de renseignement.
Le coordonnateur national du renseignement de Côte d’Ivoire, Vassiriki Traoré, a séjourné à Bamako à partir du jeudi 15 octobre pour des échanges avec le directeur général de l’Agence nationale de la sécurité d’État (ANSE) du Mali, le général Modibo Koné, selon des sources sécuritaires.
Cette visite, prévue pour trois jours, intervient dans un contexte de reprise progressive du dialogue entre les deux pays voisins, après plusieurs années de tensions diplomatiques. Les discussions ont notamment porté sur les enjeux sécuritaires régionaux, la lutte contre le terrorisme et le partage de renseignements.
Ce déplacement fait suite aux déclarations du vice-Premier ministre et ministre ivoirien de la Défense, Téné Birahima Ouattara, qui s’était dit disposé, quelques mois auparavant, à relancer la coopération sécuritaire avec le Mali et le Burkina Faso. Ces deux pays, membres avec le Niger de la Confédération des États du Sahel (AES), partagent des frontières avec la Côte d’Ivoire.
Les avancées sur le dossier frontalier constituent un autre signe de rapprochement. En août, une commission technique mixte réunie à Bamako a adopté par consensus le tracé définitif de la frontière entre le Mali et la Côte d’Ivoire, ainsi qu’un avant-projet de traité de délimitation. La signature de cet accord et la poursuite des opérations de démarcation et d’abornement restent attendues.
Les relations entre Bamako et Abidjan s’étaient fortement dégradées en juillet 2022, après l’arrestation de 49 militaires ivoiriens au Mali. Les autorités maliennes les avaient accusés d’être des « mercenaires », tandis qu’Abidjan soutenait qu’ils étaient déployés dans le cadre d’un dispositif lié à la mission des Nations unies. Condamnés par la justice malienne, ils avaient bénéficié d’une grâce présidentielle en janvier 2023, permettant le retour à Abidjan des 46 militaires encore détenus.
Au-delà des enjeux sécuritaires, les relations entre les deux pays revêtent une importance économique majeure. Enclavé, le Mali dépend notamment des corridors de transport ivoiriens pour une partie de ses échanges commerciaux avec l’extérieur.
Selon le Port autonome d’Abidjan, le trafic de marchandises avec le Mali est passé de 835 216 tonnes en 2024 à 1,47 million de tonnes en 2025, soit une hausse de 76,4 %.
La visite de Vassiriki Traoré illustre ainsi les efforts de reprise des échanges entre Bamako et Abidjan sur les questions sécuritaires et frontalières, dans un contexte régional marqué par la menace terroriste et les enjeux de coopération entre les États voisins.
MD/te/APA
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