L’intégration de l’intelligence artificielle (IA) dans l’éducation devient une priorité stratégique au Maroc, avec des appels à un encadrement public afin d’en maîtriser les usages et les effets.
La présidente marocaine du Conseil supérieur de l’éducation, de la formation et de la recherche scientifique, Rahma Bourqia, a affirmé mardi que le recours à l’intelligence artificielle (IA) dans les systèmes éducatifs ne relève plus d’une option ponctuelle, mais d’un choix structurant, lors de l’ouverture de la douzième session de l’Assemblée générale de l’institution. Selon cette source officielle, l’essor rapide de ces technologies transforme profondément les modes de production des connaissances, les pratiques pédagogiques et l’évolution des métiers.
Poursuivant son analyse, Mme Bourqia a souligné que ces mutations exigent une approche globale intégrant à la fois les dimensions techniques et les implications sociétales. Elle a évoqué deux dynamiques numériques majeures : d’une part, l’impact des réseaux sociaux sur les modes de communication des jeunes ; d’autre part, l’essor de l’intelligence artificielle, qui modifie en profondeur la production et la diffusion du savoir.
Dans ce cadre, elle a insisté sur la nécessité de développer l’esprit critique des apprenants et de renforcer leur capacité à évaluer les résultats générés par les algorithmes.
Cette orientation s’accompagne d’enjeux économiques et sectoriels plus larges, l’IA influençant déjà des domaines tels que l’emploi, la culture ou encore les relations sociales. L’institution met en avant la nécessité d’intégrer les compétences numériques et les fondamentaux de l’IA dans les cursus éducatifs, tout en définissant des objectifs précis pour la formation et la recherche scientifique.
L’accent est également mis sur l’élaboration de programmes adaptés afin de préparer les générations futures à ces transformations structurelles.
Dans cette perspective, le Conseil plaide pour l’adoption d’une politique publique dédiée, reposant sur un cadre réglementaire et éthique clair. Mme Bourqia a évoqué la mise en place de mécanismes de supervision et de principes encadrant l’usage responsable de ces technologies par les élèves, étudiants et chercheurs. Elle a également insisté sur l’importance d’éviter les dérives liées à une utilisation non régulée, tout en valorisant les opportunités offertes par l’IA dans l’apprentissage et la production de connaissances.
MK/AK/te/Sf/APA






