Le chef de l’État algérien met en avant la recherche scientifique comme moteur économique, dans un contexte marqué par des retards structurels.
Le président algérien Abdelmadjid Tebboune a adressé un message à l’occasion de la remise du Prix du président de la République pour le chercheur innovant, organisée jeudi à Alger dans le cadre de la Journée du Savoir. Selon le texte lu par le Premier ministre Sifi Ghrieb, cette initiative vise à promouvoir l’innovation et à renforcer le lien entre recherche scientifique et développement économique. L’événement s’est tenu au pôle scientifique et technologique de Sidi Abdellah, présenté comme un symbole de cette orientation.
Le discours présidentiel insiste sur la volonté de positionner l’Algérie parmi les pays producteurs de savoir, capable de maîtriser la technologie plutôt que de la dépendre de l’importation. «Ancrer la place de l’Algérie parmi les nations qui produisent le savoir» constitue l’axe central de ce message, qui associe valorisation des compétences nationales et affirmation d’une souveraineté technologique.
Cette orientation s’accompagne d’un ensemble d’objectifs, notamment le soutien au dépôt de brevets, l’encouragement des startups et la création d’un environnement favorable à la transformation des idées en produits commercialisables. Les autorités mettent ainsi en avant la construction d’un écosystème d’innovation, censé permettre l’émergence de solutions locales sous le label «Innové en Algérie».
Toutefois, ce volontarisme affiché s’inscrit dans un contexte où la valorisation économique de la recherche demeure limitée. Malgré la multiplication des initiatives institutionnelles et des distinctions, le passage de la recherche académique vers l’industrie reste peu structuré. Le déficit d’articulation entre universités, centres de recherche et tissu productif continue de freiner la concrétisation des ambitions affichées.
Ce décalage alimente les interrogations sur la portée réelle de ce type de dispositif. La reconnaissance symbolique des chercheurs, bien que significative sur le plan institutionnel, ne suffit pas à lever les obstacles liés au financement, à la gouvernance de l’innovation ou à l’attractivité des carrières scientifiques. L’absence de résultats tangibles à grande échelle nourrit ainsi une perception d’écart entre discours stratégique et transformation effective.
Dans ce cadre, la remise de ce prix apparaît autant comme un signal politique que comme un instrument de mobilisation. Elle traduit une volonté de valoriser les compétences nationales, tout en révélant les défis persistants auxquels fait face l’Algérie pour inscrire durablement la recherche scientifique dans une dynamique économique productive et compétitive.
MK/AK/Sf/APA







