Pour la première fois depuis 1996, le Maroc célèbre l’Aïd al-Adha sans sacrifice de mouton, à cause des effets de la sécheresse sur le cheptel.
En réponse à une conjoncture économique particulièrement difficile, le roi Mohammed VI, Commandeur des Croyants, a adressé un message, dont lecture a été donnée, mercredi, par le ministre des Habous et des Affaires islamiques, Ahmed Toufiq, le 26 février 2025 lors du journal télévisé du soir de la chaîne « Al Aoula ».
Empreint de bienveillance envers son peuple, le message Royal annonçait une abstention d’accomplir le rite du sacrifice de l’Aïd al-Adha.
Cette initiative a suscité un accueil largement positif de la part des Marocains, exprimant un véritable soulagement au sein des foyers, particulièrement affectés par une inflation persistante et une dégradation significative du pouvoir d’achat.
Habituellement, entre 5 et 6 millions de moutons sont sacrifiés chaque année au Maroc. Un pays qui compte plus de 37 millions d’habitants.
Mais cette année, les enclos des marchés hebdomadaires restent vides, comme à Khémisset, où les vendeurs proposent vaches et chevaux à défaut d’ovins.
Selon le ministère de l’Agriculture, le cheptel national a diminué de 38 % par rapport à 2016, en lien avec un déficit pluviométrique prolongé et une raréfaction des pâturages.
En parallèle, les prix des moutons auraient pu atteindre 6 000 à 7 000 dirhams (environ 558 à 651 euros), un niveau jugé inabordable pour de nombreux foyers.
Face à cette situation, les consommateurs se tournent vers des alternatives comme l’achat de petites quantités de viande ou de foie de mouton.
Pour le soutien au renouvellement du cheptel, le gouvernement marocain déploie l’un des axes centraux du programme qui concerne l’allègement de la charge financière pesant sur les éleveurs.
Le dispositif prévoit l’annulation de 50 % des dettes, en capital et en intérêts, pour les emprunts d’un montant inférieur à 100 000 dirhams, ce qui profitera à 75 % des petits éleveurs.
Il s’agit, en outre, du lancement d’une opération d’identification des femelles reproductrices, du déploiement d’une campagne de traitement préventif, ainsi que de la mise en place d’une opération d’accompagnement technique au profit des éleveurs.
Il est à rappeler que le roi Mohammed VI perpétue la tradition de sacrifier deux moutons lors de l’Aïd al-Adha : l’un pour lui-même, l’autre au nom du peuple marocain.
Cette pratique s’inspire de celle du Prophète Mohammed, qui sacrifiait deux moutons, l’un pour lui-même et l’autre pour sa communauté.
SL/te/Sf/APA






