Le procès en appel de Succès Masra s’est ouvert mercredi matin dans un climat de haute sécurité à la Cour suprême du Tchad, à N’Djaména.
D’importants dispositifs sécuritaires ont été déployés autour et à l’intérieur de la Cour suprême du Tchad, à l’ouverture du procès en appel de Dr Succès Masra. Des éléments de la Garde nomade, de la Gendarmerie nationale et de la Police anti-émeute ont sécurisé les lieux, tandis que l’accès à la salle d’audience a été strictement limité. Les journalistes ainsi que les représentants des organisations de défense des droits humains n’ont pas été autorisés à assister aux débats. Seuls les magistrats, les avocats de la défense, ainsi que les représentants du parquet et de l’État ont pu accéder à l’audience.
L’un des faits marquants de cette première journée a été l’absence de Dr Succès Masra. Aucune explication officielle n’a été fournie par son entourage ou ses avocats, suscitant de nombreuses interrogations parmi ses soutiens et au sein de l’opinion publique.
Rappel des faits
En août 2025, l’ancien Premier ministre et président du parti Les Transformateurs avait été condamné à 20 ans de prison pour assassinat et complicité, diffusion de messages de haine par voie électronique et association de malfaiteurs, dans le cadre de l’affaire des tueries de Mandakao.
Depuis sa condamnation, il est détenu dans les locaux de la Coordination de la Police judiciaire.
Son parti ainsi que plusieurs organisations de défense des droits humains dénoncent un procès à caractère politique et réclament sa libération immédiate. Les avocats de la défense ont également sollicité à plusieurs reprises une évacuation sanitaire, affirmant que l’opposant souffre de graves problèmes respiratoires. Jusqu’à présent, ces demandes n’ont pas abouti.
Malgré sa détention, Dr Succès Masra continue de s’exprimer publiquement. Dans une lettre adressée à ses partisans à l’occasion du huitième anniversaire des Transformateurs, il a réaffirmé sa volonté de collaborer avec les autorités au nom de l’intérêt national, appelant à dépasser les tensions et les méfiances réciproques. Selon lui, cette posture d’ouverture lui aurait toutefois coûté sa liberté.
Le sort judiciaire de cette figure majeure de l’opposition tchadienne demeure désormais entre les mains de la Cour suprême, dont les audiences restent fermées au grand public.
CA/te/Sf/APA







