Le Caire demande la convocation en urgence du Conseil de paix et de sécurité de l’Union africaine pour condamner une décision jugée contraire au droit international et réaffirmer l’intégrité territoriale de la Somalie.
L’Égypte a annoncé lundi avoir officiellement sollicité la tenue d’une réunion urgente du Conseil de paix et de sécurité de l’Union africaine afin de rejeter la reconnaissance unilatérale par Israël du Somaliland. L’initiative a été confirmée par le ministre égyptien des Affaires étrangères, Badr Abdelatty, lors de sa participation à une session ministérielle en ligne de l’organe de sécurité de l’UA.
Selon Le Caire, cette reconnaissance constitue « une violation patente du droit international, de la Charte des Nations unies et de l’Acte constitutif de l’Union africaine ». Le chef de la diplomatie égyptienne a estimé que cette décision « sape les fondements de la paix et de la stabilité régionales et internationales », en particulier dans la région stratégique de la Corne de l’Afrique, déjà marquée par de fortes tensions géopolitiques.
Cette démarche s’inscrit dans le prolongement d’une déclaration conjointe publiée dimanche par l’Égypte et 22 pays arabes, africains et islamiques, condamnant fermement la reconnaissance par Israël de la région autoproclamée du Somaliland. Les signataires ont qualifié cet acte de « violation grave de la souveraineté somalienne » et réaffirmé leur soutien total à l’unité et à l’intégrité territoriale de la Somalie. Le Conseil de la Ligue arabe s’est joint à cette position, dénonçant une mesure unilatérale jugée déstabilisatrice.
Dans son communiqué, la Ligue arabe a estimé que cette reconnaissance servait des « agendas sécuritaires et économiques israéliens » et pouvait faciliter, selon elle, des projets liés au déplacement forcé de populations palestiniennes. De son côté, la présidence somalienne a averti que cette initiative israélienne constituait une menace directe pour la stabilité régionale.
En marge de cette prise de position sur la Corne de l’Afrique, le ministre égyptien a également abordé la situation sécuritaire en République démocratique du Congo. Il a réaffirmé la disponibilité de l’Égypte à soutenir les mécanismes de renforcement de la confiance et de stabilisation, en s’appuyant sur son expérience dans les opérations de maintien de la paix, notamment à travers sa participation continue aux missions des Nations Unies en RDC.
Badr Abdelatty a souligné la nécessité d’une approche globale reliant la restauration de la paix au développement, intégrant les dimensions politique, économique, militaire et humanitaire. Il a rappelé que le président Abdel Fattah al-Sissi est chargé, au sein de l’UA, du dossier de la reconstruction et du développement post-conflit, avec un centre spécialisé établi au Caire.
MK/AK/Sf/APA







