Le Premier ministre libyen, Abdelhamid Dbeibah, a une nouvelle fois réaffirmé la position de son gouvernement en faveur de la protection de l’indépendance du pouvoir judiciaire et son opposition à toute ingérence susceptible d’en compromettre l’unité.
Lors d’une réunion tenue dimanche à Tripoli avec le président de la Cour suprême, Abdullah Burziza, et plusieurs de ses membres, le Premier ministre libyen Abdelhamid Dbeibah a souligné que « le soutien à l’institution judiciaire et le rejet absolu de toute tentative visant à la diviser ou à porter atteinte à son indépendance » constituent « une ligne rouge » pour le gouvernement d’unité nationale, selon un communiqué publié sur la page Facebook officielle de l’exécutif.
Le chef du gouvernement a discuté avec ses interlocuteurs des moyens de renforcer l’efficacité du système judiciaire, d’améliorer les conditions de travail dans les tribunaux et de garantir un environnement propice à l’accomplissement des missions de la justice. Il a assuré de la disponibilité de son gouvernement à fournir le soutien matériel et logistique nécessaire afin de consolider le rôle du pouvoir judiciaire dans la stabilité du pays.
Cette rencontre intervient dans un contexte de fortes tensions institutionnelles, après la décision controversée de la Chambre des représentants, basée à Tobrouk, d’activer une ancienne loi créant une Cour constitutionnelle suprême à Benghazi. Cette mesure, qui supprime la Chambre constitutionnelle de la Cour suprême et transforme celle-ci en Cour de cassation, a été jugée inconstitutionnelle par la Cour suprême de Tripoli.
Le 2 octobre, cette dernière avait déjà mis en garde contre les « graves conséquences » de cette initiative, accusant le Parlement d’ignorer la décision de sa Chambre constitutionnelle. Beaucoup y voient une tentative de déplacer le centre de gravité du pouvoir judiciaire de Tripoli vers l’est du pays, dans un contexte politique marqué par des divisions persistantes entre institutions rivales.
Reconnu par les Nations unies, le gouvernement de Dbeibah estime que toute atteinte à l’unité du système judiciaire fragiliserait les fondements de l’État de droit et accentuerait les fractures institutionnelles qui paralysent la Libye depuis 2014.
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