Ce vote, organisé à huis clos en présence d’un nombre limité de députés, officialise l’ancrage du clan Haftar au sommet de l’appareil militaire.
La Chambre des représentants basée à l’est de la Libye a adopté, lundi 18 août, un amendement controversé qui ouvre la voie à la succession de Saddam Haftar, fils du maréchal Khalifa Haftar, à la tête de l’Armée nationale libyenne (ANL).
Âgé de 83 ans et affaibli par la maladie, Khalifa Haftar consolide depuis plusieurs mois le pouvoir de sa famille sur l’est libyen. La semaine précédente, il avait élevé son fils Saddam au rang de vice-commandant de l’ANL, tout en évinçant son fidèle bras droit, le général Abderrazak Nadhouri, relégué au poste de conseiller à la sécurité nationale. Le commandement de l’état-major a été attribué à un autre fils, le général Khaled Haftar, rééquilibrant ainsi les rivalités internes au clan.
Selon plusieurs parlementaires présents à la séance, Saddam Haftar s’est vu octroyer «tous les pouvoirs » en vue de succéder à son père. Mais pour de nombreux observateurs, cette procédure parlementaire ne serait qu’une formalité imposée par le maréchal.
Ce scénario rappelle la tentative avortée de Mouammar Kadhafi d’installer son fils Saif al-Islam au pouvoir. En instaurant une succession familiale directe à la tête de l’ANL, Khalifa Haftar franchit un pas supplémentaire dans la personnalisation et l’héritage du pouvoir militaire. Dans le même mouvement, il a suspendu les élections municipales dans les zones sous son contrôle, renforçant son emprise sur l’est du pays.
Cette évolution risque d’alimenter davantage les tensions dans un pays toujours divisé entre deux autorités rivales et incapable, depuis la chute de Kadhafi en 2011, de trouver une issue institutionnelle stable.
MK/Sf/ac/APA







