Le projet de Promotion de l’agriculture de conservation en Afrique de l’ouest et du centre (Promaca), axé sur la vulgarisation d’«une technologie agricole
» permettant une meilleure gestion des «effets du changement climatique», a été adopté » ce mercredi à Dakar où se tient pour deux jours un atelier régional de validation dudit projet.
« Nous avons besoin de travailler davantage pour développer, adapter, créer des outils qui répondent à nos conditions de travail. (…) Le problème que nous avons actuellement avec le changement climatique, c’est que nous avons des poches de sécheresse récurrentes pendant la saison des pluies », a affirmé le coordonnateur du Promaca, le Burkinabè Lamien Nieyidouba, à l’ouverture de l’atelier régional, initié par le Conseil ouest et centre africain pour la recherche et le développement agricoles (Coraf).
« Le producteur arrive à semer… (Mais) dès que ça germe, vous avez une semaine, deux semaines, trois semaines sans pluie. S’il n’y a pas d’humidité dans le sol, toutes ces plantes qui vont germer vont crever », a poursuivi le responsable du projet, « prévu pour cinq ans » avec « un premier budget autour de 30 millions de dollars américains », soit 17,3 milliards FCFA.
« Mais (en amont) ce projet était fait avec neuf pays, maintenant on a atteint douze : donc on va revoir à la hausse (ce budget) pour pouvoir prendre à bras le corps la promotion de cette technologie dans les différents pays », a indiqué pour sa part son compatriote Korodjouma Ouattara, par ailleurs consultant du Coraf chargé de rédiger le Promaca.
Selon M. Ouattara, ce projet s’appuie « pour le moment » sur l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) et sur le Coraf, même si parallèlement « cet atelier vise à donner certaines formes au projet pour le rendre plus attractif par rapport aux bailleurs éventuels ».
Ainsi, a-t-il ajouté, cette forme d’agriculture sera basée sur « trois principes » : ne pas labourer le sol pour éviter sa fragilisation, maintenir la végétation à la surface du sol au cours de l’année et diversifier l’agriculture.
« On s’est rendu compte que lorsqu’on applique ces principes de l’agriculture de conservation, on peut exploiter durablement les sols. (…) La monoculture accélère la dégradation des sols, conjugué au changement climatique », a expliqué Korodjouma Ouattara, avant de préciser : « On a un potentiel d’irrigation (Bassins de la Volta, du Niger et du Sénégal ainsi que le Lac Tchad) qu’on n’a pas exploité suffisamment, alors qu’on peut faire l’agriculture de conservation dans les systèmes irrigués ».
Toutefois, « l’agriculture de conservation n’est pas nouvelle en tant que telle, c’est juste une innovation », a précisé Lamien Nieyidouba.
« Si on remonte dans le passé, c’est cette même façon de faire que nos producteurs utilisaient pour produire. C’est de faire en sorte qu’il y ait beaucoup plus de matières organiques en permanence dans le sol, en surface comme en profondeur. Cela permet de mieux gérer l’humidité du sol », a indiqué le responsable de la Promaca.
ODL/cat/APA