L’Assemblée nationale togolaise a ouvert mardi sa première session ordinaire de l’année, qui précède l’élection imminente du président de la République et la désignation du président du Conseil, deux étapes majeures dans la mise en œuvre de la nouvelle Constitution.
Dans un contexte politique particulièrement dense, l’Assemblée nationale togolaise a entamé mardi 1er avril sa première session ordinaire de l’année 2025, conformément à l’article 12 de la Constitution du 6 mai 2024. Cette ouverture marque le début d’une séquence politique décisive qui culminera avec l’élection du président de la République par le Congrès, assemblée réunissant députés et sénateurs.
Cette session parlementaire intervient au moment où le Togo achève sa transition historique d’un régime semi-présidentiel vers un régime parlementaire bicaméral, une transformation majeure depuis l’indépendance du pays en 1960. Depuis cette date, le Togo avait toujours fonctionné sous un régime semi-présidentiel ou présidentiel, jusqu’à la promulgation en mai 2024 par Faure Gnassingbé d’une nouvelle constitution.
« Dans quelques jours, le Congrès se réunira pour accomplir une mission historique et décisive. Il s’agira de l’élection du président de la République », a annoncé le président de l’Assemblée nationale dans son discours d’ouverture de la session de mardi, soulignant que « cette élection marquera une étape majeure dans l’évolution de notre système politique. »
La session parlementaire s’ouvre dans un contexte de domination totale du parti au pouvoir. L’Union pour la République (UNIR) du président Faure Gnassingbé a remporté 108 des 113 sièges lors des élections législatives et a renforcé sa position en obtenant 34 des 41 sièges aux récentes élections sénatoriales, selon les résultats officiels. Le Sénat a été officiellement constitué après la nomination par le président togolais de 20 membres supplémentaires à cette seconde chambre.
Deux nominations clés à l’horizon
Comme l’a rappelé le président de l’Assemblée nationale lors de la session de mardi, cette période sera marquée par deux nominations fondamentales : celle du président de la République et celle du président du Conseil, fonction centrale dans le nouveau dispositif institutionnel.
« La prochaine désignation du président du Conseil, étape fondatrice de cette nouvelle ère constitutionnelle, exige de nous une analyse rigoureuse, un dialogue sincère et une vision commune de l’avenir de notre nation », a souligné le président de l’Assemblée.
Selon l’article 97 de la nouvelle constitution, « la première élection du Président de la République et la première désignation du président du Conseil, après promulgation de la présente constitution, interviendront à partir de la mise en place des deux chambres du parlement ». Avec l’installation imminente du Sénat, toutes les conditions seront désormais réunies pour ces deux nominations cruciales.
Faure Gnassingbé : vers un nouveau rôle ?
Faure Gnassingbé, au pouvoir depuis 2005, est fortement pressenti pour occuper le poste de président du Conseil, une fonction qui, selon l’article 50 de la nouvelle constitution, lui permettrait de continuer à exercer la réalité du pouvoir exécutif. En tant que chef du gouvernement, le président du Conseil détermine et conduit la politique de la nation, définit la politique étrangère, préside le Conseil des ministres, et demeure le chef suprême des armées.
En mai 2024, Gilbert Bawara, ministre de la Fonction publique, avait précisé que Faure Gnassingbé resterait en fonction jusqu’à l’élection de son successeur et la désignation du président du Conseil.
Alors que Faure Gnassingbé a salué l’avènement d’une « véritable démocratie parlementaire » dans son discours du Nouvel An, les principaux partis d’opposition, notamment l’Alliance nationale pour le changement (ANC) et les Forces démocratiques pour la République (FDR), ont boycotté les récentes élections, contestant la légitimité de cette réforme qui supprime l’élection présidentielle au suffrage universel.
Comme l’a souligné le président de l’Assemblée lors de la session de mardi, les parlementaires devront également examiner « les lois organiques indispensables à l’application intégrale du nouveau régime » et élire « les membres des nouvelles institutions de la République et des autorités administratives indépendantes. »
Face à ces enjeux, le président a conclu la session de mardi par un appel solennel à l’unité nationale : « En ces instants décisifs pour notre chère nation, il est de notre devoir à toutes et à tous, filles et fils du Togo, de répondre à l’appel de l’unité. »
AC/Sf/APA