A travers son ouvrage « La République des Carrés – Notto Diobasse Smart City », dédicacé ce samedi à Saint-Louis (Nord), l’ancien ministre Alioune Sarr propose une vision ambitieuse et panafricaine du développement territorial, où la modernité s’enracine dans les traditions pour bâtir la ville africaine de demain.
L’ancien ministre sénégalais du Tourisme et des Transports aériens, Alioune Sarr a procédé ce samedi 2 août à la dédicace de son ouvrage « La République des Carrés – Notto Diobasse Smart City », à l’Université Gaston Berger de Saint-Louis. Cet événement, hautement symbolique, a été l’occasion de présenter un projet territorial novateur qui, tout en étant ancré dans la réalité rurale de Notto Diobasse, porte une portée panafricaine assumée.
Dans ce livre-manifeste, Alioune Sarr, également maire de Notto Diobasse, décline une vision d’urbanisation inclusive fondée sur la sécurisation du foncier, l’industrialisation à échelle humaine et la gouvernance communautaire. Inspiré du modèle ancestral des « Carrés », unités foncières et sociales profondément enracinées dans les terroirs ruraux, le projet illustre une hybridation entre traditions africaines et innovation urbaine.
« Ce projet, né dans le cœur de notre commune rurale, dépasse aujourd’hui nos frontières administratives pour incarner une vision africaine de la ville de demain. Nos communes rurales, au Sénégal comme ailleurs en Afrique, font face aux mêmes défis : l’exode rural, le chômage des jeunes, l’aménagement désordonné et le déficit de logements décents. Il est temps d’apporter des réponses territorialisées et reproductibles », a affirmé l’auteur.
Située à un carrefour stratégique entre l’aéroport AIBD, le port de Ndayane, l’autoroute Ila Touba et les grands pôles de consommation comme Dakar, Thiès ou Touba, la commune de Notto Diobasse bénéficie d’un avantage comparatif décisif.
Cette position géographique, conjuguée à un ancrage communautaire fort, en fait un laboratoire de développement local avec une ambition nationale et continentale.
Loin d’une utopie théorique, La République des Carrés s’appuie sur des réalisations concrètes : sécurisation de plus de 1 000 hectares, attribution de milliers d’actes fonciers, création de zones d’activités économiques, construction d’infrastructures éducatives et sportives, sans oublier la mobilisation des femmes et des jeunes dans la gouvernance locale.
« Il n’est pas acceptable que le monde rural soit condamné à n’avoir que des logements précaires », a martelé M. Sarr, qui plaide pour un habitat décent pour tous.
La pertinence du modèle a d’ailleurs suscité l’intérêt d’autres élus locaux. Présent à la cérémonie, le maire de Gandon n’a pas caché son enthousiasme, déclarant « ne pas se gêner pour l’appliquer » dans sa propre commune. Un signe que la démarche pourrait inspirer un nombre croissant de territoires en quête de solutions adaptées à leurs réalités locales.
L’auteur a également lancé un appel solennel aux autorités publiques, aux investisseurs et aux partenaires au développement. « Venez produire dans le Diobasse ! Venez construire avec nous la ville africaine de demain ! », a-t-il lancé.
Il encourage notamment l’implantation d’industries vertes, d’infrastructures numériques, de services intelligents et d’initiatives dans l’économie circulaire.
Avec cet ouvrage, Alioune Sarr interpelle les décideurs africains, la jeunesse et les universitaires. « Ce livre n’est pas un testament, c’est un tremplin. Il est un manifeste pour une Afrique des territoires, des communautés souveraines, des savoir-faire reconnus et des rêves réalisables », a-t-il martelé.
Poursuivant, il a fait savoir que « ce livre n’est pas seulement destiné aux habitants de Notto Diobasse. Il est un cadre, une trame que chaque commune africaine peut adapter à ses réalités. »
Le projet Notto Diobasse Smart City s’accompagne déjà d’initiatives concrètes : attribution de milliers d’actes fonciers, zones d’activités en partenariat avec l’APROSI, accueil d’entreprises agricoles et industrielles (production d’oignons, matériel agricole, aviculture, eau minérale), sans oublier les efforts d’incubation à travers le programme « Villages-Villas-Diobasse ».
Avec l’appui des radios communautaires comme Diobasse FM et l’engagement actif des femmes et des jeunes, le projet incarne une démarche participative et inclusive.
Le livre, salué par l’Université Gaston Berger qui a annoncé son intention de l’enseigner, se veut un levier de transformation territoriale et un outil de transmission. « Ce livre, je vous le confie. Il témoigne de ce que peut un territoire lorsqu’il est écouté, accompagné, structuré », a conclu Alioune Sarr.
ARD/Sf/ac/APA






