Un nouveau rapport du Bureau de la coordination des affaires humanitaires des Nations unies (OCHA) dresse un tableau préoccupant de la situation au Sahel, où 24,3 millions de personnes ont désormais besoin d’une assistance urgente. Le document met en avant l’aggravation simultanée des conflits armés, des chocs climatiques et de la baisse des financements humanitaires, qui fragilise les réponses apportées aux populations touchées.
Au Sahel, 24,3 millions de personnes nécessitent une aide humanitaire urgente, dans un contexte marqué par l’intensification des conflits, l’aggravation des chocs climatiques et la baisse des financements internationaux, a alerté mardi le Bureau de la coordination des affaires humanitaires des Nations unies (OCHA) dans son « Aperçu des besoins et de la réponse humanitaires 2026 ».
Selon le document, couvrant le Burkina Faso, le Tchad, le Mali, le Niger, l’Extrême-Nord du Cameroun et le nord-est du Nigeria, la région s’impose désormais comme l’un des principaux épicentres mondiaux de la crise humanitaire, avec une progression continue de l’insécurité et des déplacements de populations.
OCHA souligne que la violence, initialement concentrée au Sahel central, s’étend désormais vers les pays côtiers d’Afrique de l’Ouest, fragilisant davantage des États jusque-là relativement épargnés. Cette expansion est attribuée à la progression des groupes armés, qui accentuent leur emprise sur plusieurs zones rurales et transfrontalières.
Sur le plan social, près de 12 900 écoles seraient fermées en raison de l’insécurité, privant plus de 2,3 millions d’enfants d’accès à l’éducation. De nombreuses structures sanitaires et administratives seraient également hors service dans plusieurs localités affectées.
Les impacts climatiques aggravent la situation humanitaire. L’organisation onusienne indique que le Sahel se réchauffe plus rapidement que la moyenne mondiale, avec des épisodes récurrents d’inondations et de sécheresses. En 2025, environ 590 000 personnes ont été touchées par des inondations dans la région.
La situation alimentaire demeure particulièrement préoccupante. Entre juin et août 2026, 15,4 millions de personnes devraient être confrontées à des niveaux de crise alimentaire ou pire, dont plus de 1,5 million en situation d’urgence, selon les projections de l’OCHA.
L’agence onusienne met également en garde contre les effets indirects des tensions internationales sur les prix des denrées, du carburant et des engrais, susceptibles d’aggraver l’insécurité alimentaire dans la région.
Au sujet du financement, OCHA indique que l’aide humanitaire au Sahel a atteint son niveau le plus bas depuis dix ans. En 2025, seuls 29 % des fonds requis ont été mobilisés, contraignant les acteurs humanitaires à réduire ou suspendre certaines interventions.
Face à cette situation, les Nations unies appellent les bailleurs de fonds à renforcer les financements humanitaires, et les États de la région à garantir l’accès des populations à l’aide ainsi que la protection des civils.
L’organisation estime que des efforts conjoints sont nécessaires pour répondre à l’ampleur des besoins et éviter une détérioration supplémentaire de la situation humanitaire dans la région.
AC/Sf/APA







