Le Président Félix Tshisekedi a reçu jeudi 5 juin l’opposant Martin Fayulu au Palais de la nation pour une rencontre inédite depuis leur rupture politique en 2018. L’échange, centré sur la cohésion nationale et la sortie de crise, intervient dans un climat politique tendu, marqué par la prise de parole de Joseph Kabila le 23 mai, après la levée de son immunité parlementaire.
Dans un geste politique fort, le Président de la République démocratique du Congo (RDC) Félix Antoine Tshisekedi a reçu, jeudi 5 juin 2025, l’opposant Martin Fayulu Madidi au Palais de la nation. Cette rencontre, officiellement confirmée par la Présidence, constitue un tournant dans le paysage politique congolais, après des années de rupture entre les deux hommes.
Arrivé à 16h40, accompagné de ses collaborateurs Devos Kitoko, Prince Epenge, Lexxus Legal et Chantal Moboni, Martin Fayulu a été accueilli chaleureusement par le Chef de l’État. Selon la Présidence, l’échange s’est déroulé « dans une atmosphère de respect mutuel et de franchise ».
« Le pays est attaqué de toutes parts. Nous avons besoin de cohésion nationale. Il n’y a pas 36 solutions : il faut créer un camp de la patrie », a déclaré Martin Fayulu à l’issue de l’entretien de près de deux heures, rapporte la présidence.
Le leader de l’Engagement pour la citoyenneté et le développement (ECIDé) a appelé à un dialogue inclusif et a encouragé le Président Tshisekedi à rencontrer les responsables religieux de la CENCO et de l’ECC, porteurs d’un pacte social pour la paix. Le Chef de l’État congolais, toujours selon les propos rapportés par Fayulu, a promis de répondre rapidement à cette proposition. Aucun échange sur une éventuelle entrée de l’opposition dans les institutions n’a été évoqué.
Cette entrevue est la première entre les deux hommes depuis novembre 2018, date de leur rupture à la suite de l’échec de l’accord de Genève. Depuis lors, Fayulu est resté l’un des opposants les plus critiques à l’égard du régime de Tshisekedi.
Kabila en arrière-plan : une prise de parole offensive
Cette relance du dialogue politique au sommet survient deux semaines après la sortie du silence de l’ancien président Joseph Kabila. Le 23 mai, soit au lendemain de la levée de son immunité parlementaire par le Sénat, Kabila a dénoncé une « campagne odieuse » dirigée contre lui, accusant le pouvoir d’orchestrer une « dérive politique majeure ».
« Le pays est gravement malade. Son pronostic vital est engagé », avait-il déclaré, rejetant les accusations de « participation à l’agression armée menée par le Rwanda à travers le M23/AFC », formulées par l’Auditeur général près la Haute cour militaire.
Joseph Kabila s’est également insurgé contre les mesures prises envers lui et son entourage, notamment des saisies de biens et des restrictions de déplacement, qu’il qualifie d’« arbitraires ». Il a annoncé son intention de se rendre à Goma, ville au cœur de la polémique sur sa supposée implication dans des activités subversives.
AC/Sf/APA







