A l’occasion de la fête du travail, le Sénégal a scellé un accord inédit de stabilité sociale, pendant qu’au Mali, la junte militaire abroge la charte des partis politiques, suscitant une vive réaction de l’opposition, a constaté principalement APA dans la presse ouest-africaine.
Au Sénégal, Le Soleil salue « une signature de première main » pour le pacte de stabilité sociale : une « trêve sociale de trois ans » conclue entre l’Etat, le patronat et les syndicats à l’occasion de la fête du Travail du 1er mai. Le président Bassirou Diomaye Faye a demandé à son gouvernement de « respecter les accords et engagements pris ». Le Premier ministre Ousmane Sonko a insisté sur la nécessité d’instaurer une « économie inclusive » pour permettre une meilleure redistribution des richesses. « Nous ne pouvions pas faire ce travail et être au quotidien sur le front », a-t-il déclaré.
Walf Quotidien titre sur cette « trêve de grève ! » et donne la parole à Mody Guiro, dirigeant d’une des plus importantes centrales syndicales du pays, qui salue « un tournant historique ».
Le président du Conseil national du patronat (CNP), Baidy Agne, affirme que « ce qui est bon pour l’entreprise est bon pour le Sénégal ».
Pour sa part, Le Quotidien évoque un « Oui Mai », saluant un pacte censé permettre au gouvernement élu il y a treize mois de mettre en œuvre son programme dans un climat apaisé. « Ce contrat moral va ramener le calme dans le monde du travail », note le journal.
Après réception des cahiers de doléances, le président Faye s’est engagé auprès des centrales syndicales à ce que « chacune de (leurs) attentes soit examinée avec la plus grande fermeté », selon Sud Quotidien.
Au Mali, Jeune Afrique rapporte que la junte au pouvoir a annoncé, mercredi 30 avril, l’abrogation de la charte des partis politiques, en vigueur depuis août 2005. Cette décision, actée en Conseil des ministres, suscite l’inquiétude des partis qui y voient une tentative de les faire disparaître. Le texte encadrait jusque-là la création, le fonctionnement et le financement des formations politiques.
Selon L’Essor, journal proche du pouvoir, le gouvernement de transition a opté pour une « abrogation et non une dissolution » des partis. Abdoul Salam Diepkilé, directeur général de l’administration du territoire, affirme que cette décision « ne remet pas en cause l’existence actuelle des partis ».
Dans ce contexte tendu, Le Monde Afrique signale que la coalition d’opposition entend organiser un meeting le 3 mai à Bamako pour dénoncer ce qu’elle considère comme une dérive autoritaire. « Au Mali, nous avons lutté pour obtenir la démocratie et nous n’allons pas rester les bras croisés », avertit Oumar Mariko, opposant politique en exil.
Au Togo, Jeune Afrique annonce que les élections municipales auront lieu le 10 juillet prochain. L’Alliance nationale pour le changement (ANC) de Jean-Pierre Fabre, parmi d’autres partis d’opposition, a confirmé sa participation. La campagne électorale se déroulera du 24 juin à minuit jusqu’au 8 juillet à 23h59, selon un décret annoncé à la télévision nationale.
Enfin, en Côte d’Ivoire, l’opposant Guillaume Soro dénonce, via Le Monde Afrique, une « dérive autoritaire assumée » à cinq mois de l’élection présidentielle. L’ancien Premier ministre, condamné par contumace à la perpétuité en 2021 pour « atteinte à la sûreté de l’État », reste exclu du scrutin à venir, tout comme plusieurs autres figures de l’opposition.
ODL/ac/Sf/APA






