Réformes politiques, tensions sociales, espoirs économiques et drames humains : ce 7 août 2025, l’actualité ouest-africaine reflète l’urgence de gouverner autrement dans un contexte de fragilités persistantes.
Au Sénégal, le site Seneweb revient sur les contours du projet de loi adopté le 30 juillet et présenté dans le décret présidentiel n°2025-1312, instaurant une refonte complète de l’Office national de lutte contre la corruption (OFNAC). Le président Bassirou Diomaye Faye, qui avait fait de la transparence une priorité de son programme, acte la séparation des compétences d’audit et d’enquête, au profit d’une institution recentrée sur la prévention et la répression de la corruption et de l’enrichissement illicite.
L’OFNAC sera désormais directement rattaché à la Présidence, jouira d’une autonomie de gestion, et pourra lever le secret bancaire. Parmi les innovations notables : un mandat unique de cinq ans pour ses membres, des pouvoirs d’autosaisine, une capacité de gel des avoirs et des rapports publics annuels. Un virage institutionnel salué par certains, mais dont l’efficacité dépendra de la mise en œuvre réelle. Le texte ne prévoit pas de recouvrement posthume des biens, un point critiqué par des voix comme celle du député Amadou Ba.
Au Mali, Bamada.net souligne l’importance stratégique de la visite effectuée le 31 juillet par le ministre des Mines, Amadou Keïta, sur le site de Bougouni, future plaque tournante de la production de lithium. Avec 65 millions de dollars déjà investis par la société LMLB SA, l’État malien, sur instruction du président Assimi Goïta, entend reprendre la main sur les ressources nationales.
Le projet, qui devrait produire 80 000 tonnes de spodumène par an, ambitionne de construire une usine de flottation d’ici 2028. La participation publique atteint 35 %, un signal de la volonté de l’État d’éviter le bradage des ressources stratégiques. Les retombées locales sont déjà visibles, mais l’enjeu écologique et la transformation locale du minerai restent des défis majeurs. Dans une région marquée par l’instabilité, le lithium pourrait être une promesse, ou un piège.
Pendant ce temps, Fatunetwork relaie les efforts du gouvernement gambien face à la crise des migrants bloqués en Tunisie. Le ministre de l’Information, Dr Ismaila Ceesay, a confirmé l’implication de l’OIM pour faciliter les rapatriements volontaires. Selon lui, de nombreuses personnes utilisent la Tunisie comme transit vers l’Europe, mais se retrouvent piégées par l’absence de papiers et le durcissement des politiques migratoires.
Ceesay appelle à la responsabilité des jeunes : « Lorsqu’ils partent, le gouvernement n’est pas informé. Mais quand ils sont bloqués, ils nous accusent. »
L’exécutif a mandaté son ambassade au Maroc pour intervenir, mais les limitations diplomatiques et administratives freinent l’action. Le phénomène illustre une frustration sociale croissante et un désespoir migratoire toujours vivace en Afrique de l’Ouest.
À la veille des célébrations du 65ᵉ anniversaire de l’indépendance ivoirienne, le président Alassane Ouattara a annoncé une revalorisation significative de la prime de fin d’année pour les fonctionnaires et retraités, selon Abidjan.net. À partir de janvier 2026, elle passera de 1/3 à 2/3 du salaire ou de la pension mensuelle, marquant une volonté d’atténuer les effets de l’inflation sur les ménages.
Le président ivoirien entend ainsi partager les fruits de la croissance et a appelé le secteur privé à suivre l’exemple. L’annonce est saluée dans un contexte régional où les revendications sociales se multiplient. Le gouvernement ivoirien insiste également sur le contrôle des prix, les subventions ciblées et l’extension des filets sociaux, notamment en faveur des personnes âgées, des handicapés et des ménages vulnérables.
La bourse nigériane a connu un premier semestre 2025 contrasté, révèle Punch Nigeria. Malgré une hausse de 61 % du volume des transactions, les sorties nettes de capitaux étrangers ont atteint 576 milliards de nairas, dépassant les entrées de 559 milliards, sous l’effet des incertitudes macroéconomiques mondiales, dont les tarifs douaniers de Donald Trump.
Les investisseurs institutionnels nationaux ont maintenu le cap, mais la participation des particuliers décline, érodée par l’inflation galopante (22 %) et la hausse du coût de la vie. Le marché reste dominé par les investissements à court terme, les fonds indiciels étrangers jouant un rôle croissant dans la volatilité. Pour les analystes, la structure actuelle du marché nigérian reste fragile, bien que toujours attrayante pour les arbitrages de rendement.
Au Ghana, Pulse relate le choc provoqué par le décès de deux anciens ministres ghanéens, Edward Omane Boamah (Défense) et Ibrahim Murtala Mohammed (Environnement), dans un accident d’hélicoptère survenu près d’Adansi-Akrofuom. Huit personnes, dont trois militaires, ont péri alors qu’ils se rendaient au lancement d’un programme minier.
La disparition de figures emblématiques du Congrès national démocratique (NDC) a provoqué une vague d’émotion à travers le pays, avec des hommages rendus par des parlementaires comme Ablakwa et Sam George. L’enquête sur les causes du crash est en cours, mais ce drame souligne les risques liés aux déplacements officiels et la fragilité des moyens aériens de l’État.
Au Burkina Faso, le Premier ministre Rimtalba Jean Emmanuel Ouédraogo a clôturé le 6 août l’évaluation à mi-parcours des contrats d’objectifs signés avec les ministres de son gouvernement. Selon l’Agence d’information du Burkina (AIB), il a annoncé un taux moyen d’exécution de 54 % des actions prioritaires, dépassant la cible de 50 % fixée. Il a toutefois insisté sur la nécessité de transformer ces résultats quantitatifs en impacts tangibles sur la vie des Burkinabè. Le chef du gouvernement a souligné que l’évaluation s’inscrit dans la volonté du président de la transition, le capitaine Ibrahim Traoré, de renforcer l’efficacité de l’action publique. Trois ministres absents lors des travaux seront évalués ultérieurement. Une session finale est prévue en fin d’année pour faire le point global. Le média Burkina24 relève que le Premier ministre a également appelé à plus de rigueur et de célérité dans la conduite des réformes.
À Tahoua, au Niger, la 17e édition de la caravane médicale du Club des étudiants en sciences de la santé (CESS) a été lancée le 6 août. D’après l’Agence nigérienne de presse (ANP), cette initiative a pour thème la lutte contre la mortalité maternelle et infantile. Pendant six jours, des dizaines d’étudiants en médecine mèneront des consultations gratuites, des dons de sang, des campagnes de sensibilisation et distribueront des moustiquaires imprégnées. Le gouverneur Souleymane Amadou Moussa a salué cette mobilisation, rappelant qu’elle contribue à combler les lacunes du système de santé dans les zones enclavées. Le président du CESS, le médecin Mahamane Laouali, a précisé que plus de 8 000 personnes avaient bénéficié des précédentes éditions. L’événement a également été relayé par Télé Sahel dans son journal télévisé du 5 août.
Enfin, en Guinée, un incendie spectaculaire s’est déclaré dans la nuit du 6 au 7 août au marché Madina, principal centre commercial de Conakry. Le site d’information Africaguinée.com rapporte que le feu serait parti d’un centre commercial situé au niveau du secteur « Niger ». Plusieurs vidéos diffusées sur les réseaux sociaux montrent une mobilisation rapide des sapeurs-pompiers appuyés par les équipes privées de sécurité, notamment celles de la société CIAO. Mosaïque Guinée indique que le bâtiment 1 a été particulièrement touché, mais aucun bilan officiel n’a encore été communiqué. Les causes de l’incendie restent à déterminer. Ce drame remet une fois de plus sur la table la question de la vulnérabilité des infrastructures marchandes de la capitale.
Sf/APA







