L’Assemblée nationale nigériane a décidé de suspendre jusqu’à nouvel ordre ses visites officielles en Afrique du Sud et de boycotter les activités parlementaires organisées ou accueillies par les autorités législatives sud-africaines.
La décision de suspendre les visites officielles que devait effectuer le Parlement nigérian en Afrique du Sud a été prise par les dirigeants des deux chambres, sous la conduite du président du Sénat, Godswill Akpabio, et du président de la Chambre des représentants, Abbas Tajudeen, a indiqué vendredi le porte-parole de la Chambre des représentants.
Elle intervient sur fond de rapports persistants faisant état d’attaques xénophobes, de violences, d’intimidations, de destructions de biens et d’autres actes d’hostilité visant des Nigérians et d’autres ressortissants africains vivant en Afrique du Sud.
Dans une communication transmise aux sénateurs, députés, commissions, services et personnels de l’Assemblée nationale, le greffier de l’institution, Kamoru Ogunlana, a fait part de sa préoccupation face aux informations faisant état de Nigérians tués, blessés ou déplacés, ainsi que contraints d’abandonner leurs commerces, investissements, domiciles et autres biens.
La mesure prévoit la suspension de toutes les visites officielles en Afrique du Sud effectuées par l’Assemblée nationale, ses commissions, ses parlementaires, responsables et personnels.
Elle concerne également la participation aux conférences, séminaires, ateliers, réunions, échanges parlementaires et autres activités organisés, accueillis, parrainés ou co-parrainés par le Parlement sud-africain ou d’autres autorités législatives du pays.
La suspension s’applique aux engagements en présentiel comme en ligne. Toute participation à de telles activités devra faire l’objet d’une autorisation expresse préalable de la direction de l’Assemblée nationale.
Les arrangements, invitations ou programmes déjà prévus impliquant des visites officielles ou des activités parlementaires en Afrique du Sud devront par ailleurs être réexaminés conformément à la directive.
L’Assemblée nationale a appelé le gouvernement sud-africain à prendre des mesures urgentes pour protéger les Nigérians et les autres ressortissants africains, prévenir de nouvelles violences xénophobes, enquêter sur les incidents signalés, arrêter les personnes soupçonnées et traduire en justice celles reconnues coupables.
L’Assemblée nationale nigériane a aussi invité les assemblées des États de la Fédération à prendre connaissance de sa décision et à envisager des mesures similaires.
Le Parlement nigérian a toutefois souligné que cette décision ne remet pas en cause les relations historiques, diplomatiques et humaines entre le Nigéria et l’Afrique du Sud. Il a réaffirmé son attachement à la coopération diplomatique et parlementaire, tout en estimant que celle-ci doit s’appuyer sur le respect mutuel et la protection des personnes et des biens.
La suspension et le boycott resteront en vigueur jusqu’à nouvel ordre, avec une possibilité de réexamen par la direction de l’Assemblée nationale en fonction de l’évolution de la situation.
Cette décision intervient alors que plusieurs pays africains ont organisé le retour de leurs ressortissants confrontés à la dégradation de la situation sécuritaire en Afrique du Sud. Le Nigeria avait officiellement évacué 1 490 de ses ressortissants entre juin et juillet 2026, avant que le nombre total de Nigérians rapatriés ou évacués ne soit porté à 1 699 en septembre, selon les autorités nigérianes.
Le Ghana a également achevé, le 4 septembre, une opération ayant permis de rapatrier 1 964 Ghanéens d’Afrique du Sud. Lancée le 27 mai, cette opération, motivée par la recrudescence des attaques xénophobes et des intimidations contre des ressortissants africains, a mobilisé des vols commerciaux et affrétés. Plusieurs pays africains ont également rapatrié leurs ressortissants pour les mêmes raisons.
AC/Sf/APA





