Après avoir retiré en juin les licences de trois sociétés majeures, le gouvernement nigérien de transition impose désormais un cadre réglementaire strict avec une nationalisation des postes de direction et un délai de six mois pour se conformer aux nouvelles règles.
Fini le laisser-aller dans le secteur de la sécurité privée au Niger ? Au titre du ministère de l’Intérieur, le Conseil des ministres, présidé vendredi par le général Abdourahamane Tiani, a adopté un décret encadrant strictement les sociétés de sécurité privées, dont les dirigeants devront désormais être de nationalité nigérienne, à rapporté la télévision nationale.
Cette nouvelle réglementation intervient sept mois après le retrait des autorisations de trois acteurs majeurs du secteur. Le 10 juin 2024, le ministre de l’Intérieur avait en effet retiré les licences de Securi.com, Gadnet Sécurité et Manga Sécurité, leur interdisant toute activité sur le territoire national.
Le nouveau décret impose désormais une autorisation d’exercice préalable valable pour cinq ans, renouvelable et non cessible. Les promoteurs, dirigeants ou gérants devront être de nationalité nigérienne et seront soumis à une enquête de moralité par les services de l’État.
Le texte interdit formellement aux sociétés privées d’exercer des activités régaliennes des forces de défense et de sécurité. Il encadre également le port des armes civiles et des équipements de sécurité conventionnelle, et prévoit des contrôles permanents du ministère via une commission dédiée.
Les sociétés actuellement en exercice disposent d’un délai de six mois pour se conformer à cette nouvelle réglementation, sous peine d’être dissoutes. Jusqu’à présent, ces entreprises exerçaient leurs activités sur la base d’une simple autorisation provisoire du ministère de l’Intérieur.
Cette réforme s’inscrit dans la volonté affichée des autorités de transition de « renforcer la sécurité publique » et de « réorganiser le secteur de la sécurité privée » dans le pays.
AC/Sf/APA