Le Maroc est l’invité d’honneur de la première édition du Forum panafricain des médias, ouverte le 3 juin 2026 à Bamako. Les travaux, prévus jusqu’au samedi 6 juin, mettent en avant la coopération médiatique africaine, la souveraineté informationnelle et le renforcement des liens entre Bamako et Rabat.
Placée sous le thème « Unir les voix, renforcer les liens entre médias d’Afrique », la première édition du Forum panafricain des médias s’est ouverte au Centre international de conférences de Bamako sous la présidence du Premier ministre, le général de division Abdoulaye Maïga. Initié par la Maison de la presse du Mali, le forum réunit pendant quatre jours des professionnels des médias publics et privés, des universitaires, des chercheurs, des experts, des décideurs et des représentants venus de plusieurs pays africains.
Le choix du Maroc comme invité d’honneur donne une portée particulière à cette rencontre. Rabat est représenté par une délégation comprenant notamment l’ambassadeur du Royaume au Mali, Driss Isbayene, ainsi que des responsables du ministère marocain de la Jeunesse, de la Culture et de la Communication, dont Mustapha Amadjar, directeur de la Communication et des Relations avec les acteurs médiatiques, et Abdel Majid Abada, chef de division au sein du même département.
En marge des travaux, le ministre malien des Affaires étrangères, Abdoulaye Diop, a salué la présence du Maroc en qualité d’invité d’honneur et réaffirmé la profondeur des liens entre les deux pays. Il a mis en avant la nécessité pour les États africains de renforcer leurs capacités propres, d’optimiser leurs dynamiques nationales et de bâtir des partenariats fondés sur des intérêts partagés.
Le chef de la diplomatie malienne a également invité à s’inspirer du dynamisme économique du Maroc, présenté comme un pays ayant développé une économie entreprenante et diversifiée sous l’impulsion du Roi Mohammed VI. Il a aussi évoqué l’envoi d’une délégation malienne au Maroc afin de s’imprégner de l’expérience du Royaume en matière de diplomatie de communication.
À l’ouverture du forum, le Premier ministre Abdoulaye Maïga a replacé les débats dans un contexte marqué par les mutations du numérique, des réseaux sociaux et de l’intelligence artificielle. « Qui parle de l’Afrique ? », a-t-il interrogé, en défendant une souveraineté informationnelle fondée sur la capacité des Africains à produire, analyser et diffuser eux-mêmes une information rigoureuse, équilibrée et fidèle à leurs réalités.
Le Chef du gouvernement a également insisté sur les défis spécifiques auxquels font face les pays du Sahel central, notamment sur les plans sécuritaire, médiatique et informationnel. Il a rappelé que les conflits contemporains ne se jouent plus seulement sur le terrain militaire, mais aussi dans les espaces numériques, médiatiques et symboliques.
Les interventions de responsables maliens, dont Salif Sanogo, président de la Commission d’organisation du FOPAME et coordinateur général de la Télévision de l’AES, ont aussi mis en avant l’importance d’une coopération médiatique africaine mieux structurée. Le forum se veut ainsi un cadre de dialogue destiné à rapprocher les rédactions africaines, renforcer les compétences professionnelles et construire des récits davantage portés par les acteurs du continent.
Pour Bamako comme pour Rabat, le FOPAME offre un espace de convergence autour de la souveraineté informationnelle, du renforcement des capacités et de la coopération Sud-Sud. Dans un environnement africain marqué par la concurrence des récits, les crises sécuritaires et les mutations technologiques, la rencontre place les médias au cœur des enjeux de souveraineté, d’influence et d’intégration continentale.
MD/Sf/APA





