La coopération bilatérale Maroc- France s’enrichit par l’élaboration d’un cadre commun et la mise en place d’équipes mixtes pour mener le travail d’identification des migrants.
La dernière rencontre entre responsables marocains et français s’inscrit dans la continuité des échanges entamés lors de la visite d’Emmanuel Macron au Maroc en octobre dernier, au cours de laquelle le président français avait annoncé un « partenariat renforcé » axé sur la lutte contre l’immigration clandestine et les divers trafics.
Le ministre français de l’Intérieur Bruno Retailleau et son homologue marocain Abdelouafi Laftit ont dévoilé lundi à Rabat la création d’un groupe de travail franco-marocain chargé de vérifier la nationalité des migrants irréguliers en France, afin de faciliter leur réadmission dans leur pays d’origine.
Après de longues discussions au ministère marocain de l’Intérieur, Retailleau a précisé que l’accord comprend « un certain nombre de points » visant à « améliorer la coopération en matière de réadmissions » entre les deux pays.
« Ce groupe mixte va enquêter pour savoir si certains individus sans papiers et étrangers en situation irrégulière sont ou non de nationalité marocaine », a précisé Retailleau.
Il a ajouté que « le fait d’avoir des équipes mixtes françaises et marocaines pour mener ce travail d’identification changera radicalement les choses et améliorera l’efficacité de la réadmission ».
Dans un communiqué officiel, Laftit a réaffirmé « l’engagement total de la partie marocaine à œuvrer à l’élaboration d’un cadre commun ».
Il a proposé d’établir « un nouveau cadre global de partenariat et de coopération » basé sur « la révision de tous les accords » entre les deux ministères.
La réunion, qui a réuni de hauts responsables des deux pays, a examiné les questions d’intérêt mutuel et les perspectives de renforcement de la coopération bilatérale.
Cela s’inscrit dans le cadre de la Déclaration de partenariat d’exception renforcée signée par le roi Mohammed VI et le président français Emmanuel Macron lors de la visite d’État de ce dernier en octobre 2024.
Les deux ministres ont salué la solidité des composantes sécuritaires et migratoires dans les relations bilatérales, qui, selon eux, devraient s’intensifier suite à la reconnaissance par la France de la souveraineté marocaine sur le Sahara à l’été 2024.
Cette avancée diplomatique, à la lumière de la position française affirmant que « le présent et l’avenir du Sahara s’inscrivent pleinement dans le cadre de la souveraineté marocaine », a mis fin à plusieurs années de tensions, notamment sur les questions migratoires.
Cette collaboration représente un changement audacieux par rapport à la période 2021-2022, lorsque la France avait réduit de moitié le nombre de visas accordés aux ressortissants marocains pour faire pression sur le pays afin qu’il accepte davantage de ses citoyens expulsés par les autorités françaises, provoquant des frictions diplomatiques.
Au cours des discussions, Laftit a souligné « l’approche holistique et humaniste du Royaume en matière de gouvernance des migrations ».
Il a également souligné « l’importance du travail mené par le Groupe permanent Maroc-France sur les migrations mixtes, mécanisme de référence pour une gestion harmonieuse des défis opérationnels ».
Les ministres ont convenu de « la nécessité d’élargir et de renforcer la coopération bilatérale », notamment en matière de protection civile et de gestion des grands événements.
La collaboration entre leurs services de sécurité a déjà donné lieu à des succès notables dans la maîtrise des menaces terroristes et le démantèlement des réseaux terroristes et criminels grâce à une coordination étroite et au partage de renseignements.
MK/ac/Sf/APA






