Le Premier ministre algérien, Sifi Ghrieb, a invité son homologue malien, le général de division Abdoulaye Maïga, à effectuer une visite de travail en Algérie, dans un nouveau signe de détente entre les deux pays, après plusieurs mois de tensions diplomatiques.
Le Premier ministre algérien a invité son homologue malien, pour une visite de travail visant la décrispation au lendemain des tensions diplomatiques entre les deux pays, ce dimanche 9 août 2026, lors d’un entretien téléphonique entre les deux chefs de gouvernement, tenu sur instruction du président algérien Abdelmadjid Tebboune, selon un communiqué des services du Premier ministre algérien.
Au cours de cet échange, Sifi Ghrieb et Abdoulaye Maïga ont réaffirmé leur attachement aux relations de fraternité, de solidarité et de bon voisinage entre le Mali et l’Algérie, ainsi que leur volonté de donner un nouvel élan à la coopération bilatérale dans plusieurs domaines.
Les deux responsables ont également abordé plusieurs questions régionales et internationales et exprimé leur souhait de contribuer à faire du Sahel un espace de coopération, d’échanges et de développement partagé, dans un contexte marqué par la recherche de davantage de sécurité et de stabilité.
La date de la visite du Premier ministre malien à Alger n’a pas encore été arrêtée et la réponse officielle de Bamako à l’invitation reste attendue.
Une détente amorcée en juillet
Cette initiative intervient près d’un mois après les premiers signes concrets de rapprochement entre les deux voisins. Le 10 juillet, Bamako et Alger avaient annoncé le retour de leurs ambassadeurs respectifs et la réouverture réciproque de leurs espaces aériens aux appareils civils et militaires assurant des liaisons en provenance ou à destination de l’autre pays.
Le 7 août à Bamako, Abdoulaye Maïga avait à son tour insisté sur la volonté de son pays de maintenir le dialogue avec Alger. Il avait assuré qu’il n’existait « aucune rupture diplomatique » entre les deux États, qui partagent plus de 1 300 kilomètres de frontière.
Le Premier ministre malien avait également fait état d’une « convergence totale de vues » entre le président de la Transition malienne, Assimi Goïta, et son homologue algérien Abdelmadjid Tebboune, notamment sur les questions de souveraineté des États et de non-ingérence.
Des contentieux encore sensibles
Le rapprochement intervient après une période de fortes tensions liées notamment à la rupture, par Bamako en janvier 2024, de l’Accord pour la paix et la réconciliation au Mali issu du processus d’Alger.
Les autorités maliennes avaient alors reproché à l’Algérie sa proximité avec certains mouvements armés opérant dans le nord du Mali. Alger avait rejeté ces accusations et nié tout soutien à ces groupes.
La crise avait atteint son paroxysme dans la nuit du 31 mars au 1er avril 2025, après la destruction d’un drone militaire malien à proximité de Tin Zaouatine. L’Algérie avait affirmé que l’appareil avait pénétré de deux kilomètres dans son espace aérien, tandis que Bamako soutenait qu’il se trouvait sur le territoire malien et que son épave avait été retrouvée à 9,5 kilomètres au sud de la frontière.
Cet incident avait entraîné le rappel des ambassadeurs et la fermeture réciproque des espaces aériens. Bamako avait ensuite annoncé son intention de saisir la Cour internationale de Justice, une démarche contestée par Alger.
Les récents communiqués annonçant la reprise du dialogue ne précisent pas si ces différends ont été directement abordés ou réglés. L’invitation adressée à Abdoulaye Maïga constitue néanmoins un nouveau pas vers la normalisation des relations et pourrait ouvrir la voie à des discussions politiques de haut niveau sur les contentieux encore en suspens.
MD/te/Sf/APA







