Les manifestations organisées ces derniers jours dans plusieurs villes marocaines ont dégénéré en violences causant des blessures parmi les forces de l’ordre et des manifestants et des dégâts matériels.
Le ministère marocain de l’Intérieur a fait, ce mercredi 1er octobre, le point sur ces manifestations transformées en attroupements violents dans certaines régions du Royaume . Le bilan communiqué fait état de 263 blessés parmi les forces de l’ordre et 23 autres personnes touchées, dont certaines grièvement. Au total, 162 véhicules, appartenant aussi bien aux services de sécurité qu’à des particuliers, ont été incendiés ou endommagés.
Plusieurs commerces, agences bancaires, administrations et établissements publics ont également subi des dégradations.
Face à ces débordements, les forces de l’ordre ont procédé à 409 interpellations, sur instruction du parquet, a précisé le porte-parole du ministère de l’Intérieur, Rachid El Khalfi dans une déclaration à la presse à Rabat. Certaines personnes contrôlées ont été relâchées après vérification d’identité, tandis que d’autres ont été placées en garde à vue dans l’attente de poursuites judiciaires.
Les autorités marocaines expliquent que ces attroupements sont survenus en réponse à des appels anonymes diffusés sur les réseaux sociaux et organisés « hors du cadre légal ».
Le ministère de l’Intérieur souligne avoir mobilisé ses unités pour préserver l’ordre public tout en veillant « à la protection de l’intégrité des citoyens et au respect des droits et libertés fondamentaux ».
Cependant, plusieurs rassemblements ont rapidement basculé dans la violence. Dans certaines villes comme Inzegane, Oujda, Skhirate ou encore Tiznit, des groupes ont eu recours à des jets de pierres, des cocktails Molotov et des armes blanches, blessant gravement des policiers et entravant parfois l’évacuation des victimes. À Oujda, une ambulance de la Protection civile a même été bloquée par des manifestants, selon la même source.
Le ministère marocain de l’Intérieur a tenu à réaffirmer que toute personne reconnue coupable d’actes de vandalisme sera poursuivie avec fermeté, dans le respect des procédures judiciaires et sous la supervision du parquet.
Le porte-parole a souligné que les interventions des forces de l’ordre lors de ces manifestations se sont déroulées dans le strict « respect des dispositions juridiques et professionnelles régissant leur travail et que le recours à ces interventions, dans certains cas, était la dernière option face à une minorité d’instigateurs et de fauteurs de troubles, après épuisement de toutes les autres voies ».
Les autorités rappellent en parallèle que le droit de manifester demeure garanti, à condition de respecter le cadre légal prévu par la législation nationale.
Déjà le mardi, autour du chef du gouvernement, Aziz Akhannouch, la majorité gouvernementale composée du Rassemblement national des indépendants (RNI), du Parti authenticité et modernité (PAM) et de l’Istiqlal a affirmé son engagement à poursuivre les réformes sociales et à ouvrir le dialogue avec la jeunesse, dans la continuité des orientations royales contenues dans le Discours du Trône de juillet 2025 dans lequel le roi Mohammed VI a appelé à l’adoption d’une nouvelle génération de programmes de développement territorial.
MK/Sf/APA







