Le procès de l’ancien Premier ministre malien s’est clos lundi à Bamako avec les réquisitions du parquet qui a demandé deux ans d’emprisonnement. Le délibéré sera rendu le 27 octobre 2025.
Le procès de l’ancien Premier ministre malien Moussa Mara s’est achevé ce lundi à Bamako avec les réquisitions du parquet qui a sollicité une peine de 24 mois d’emprisonnement. Le Contentieux de l’État (agent judiciaire), qui s’est constitué partie civile, a réclamé le paiement d’un franc symbolique et demandé le maintien de l’ex-chef du gouvernement dans les liens de la prévention.
Avant même l’examen du fond, la défense avait introduit une demande de liberté provisoire. Cette requête a été rejetée par le tribunal, entrainant le maintien en prison de Moussa Mara durant toute la durée de l’audience.
L’ancien chef du gouvernement est poursuivi pour « atteinte à la crédibilité de l’État », « opposition à l’autorité légitime », « incitation à troubler l’ordre public » et « diffusion de fausses informations ». Ces poursuites font suite à une publication datée du 4 juillet 2025 sur le réseau X, dans laquelle il exprimait son soutien à plusieurs personnes détenues, qu’il qualifiait de « détenus d’opinion », après leur avoir rendu visite. Il y affirmait notamment : « Aussi longtemps que dure la nuit, le soleil finira évidemment par apparaître. »
Moussa Mara a été interpellé le 1ᵉʳ août 2025 à Bamako, à la suite d’un mandat émis par un juge de la cybercriminalité. Cette arrestation est intervenue après plusieurs convocations et auditions liées à cette affaire. Quelques jours plus tôt, le 21 juillet, il avait été empêché de quitter le territoire alors qu’il s’apprêtait à participer à un forum au Sénégal.
Le tribunal a fixé son délibéré au 27 octobre 2025. L’affaire, très suivie au Mali, intervient dans un contexte où les autorités de transition affirment vouloir faire respecter les dispositions légales relatives à la sûreté de l’État et au maintien de l’ordre public, tandis que la défense soutient que les poursuites sont liées à l’exercice de la liberté d’expression. Le jugement attendu devrait apporter un éclairage juridique sur les limites de cette liberté dans le cadre de la législation nationale.
MD/ac/Sf/APA





