Le ministre malien de l’Agriculture, Dr Ibrahima Samaké, a reçu, lundi 1er juin 2026 à Bamako, une délégation de la Commission de l’UEMOA conduite par Dr Paul Koffi Koffi, autour du financement des trois filières agricoles prioritaires, à hauteur de 6 000 milliards de FCFA.
Une délégation de l’UEMOA a été reçue par le ministre malien de l’Agriculture pour la présentation du Livre blanc de la Commission consacré aux filières phosphate-engrais, riz et coton-textile, doté d’un portefeuille de 6 000 milliards FCFA pour la période 2026-2040.
La mission de la Commission de l’Union économique et monétaire ouest-africaine s’inscrit dans une tournée auprès des États membres pour présenter ce document stratégique. Les trois filières retenues doivent servir de base à une hausse de la production et de la productivité agricoles dans l’espace communautaire, avec une programmation prévue sur quinze ans.
Le choix du phosphate et des engrais répond aux besoins d’amélioration des rendements agricoles dans une région où le coût et la disponibilité des intrants restent déterminants pour les producteurs. Pour le Mali, cette question concerne directement les grandes filières agricoles, notamment le coton, le riz et les cultures vivrières, très dépendantes de l’accès aux engrais.
La filière riz occupe également une place centrale dans les priorités régionales. En Afrique de l’Ouest, la consommation continue de progresser sous l’effet de la croissance démographique, de l’urbanisation et de l’évolution des habitudes alimentaires. La demande reste supérieure à l’offre locale, ce qui entretient une forte dépendance aux importations. Les organisations régionales avaient déjà identifié le riz comme l’une des cultures prioritaires pour renforcer la sécurité alimentaire et réduire les achats extérieurs.
Le coton-textile constitue le troisième axe du Livre blanc. Les huit États membres de l’UEMOA sont concernés par la production cotonnière, mais la transformation locale demeure limitée. Pour le Mali, où le coton reste une source importante de revenus ruraux, l’enjeu porte sur la valorisation industrielle, le textile, l’habillement et la création de valeur dans les bassins de production.
Le document s’inscrit dans la stratégie Impact 2030 de l’UEMOA et dans sa Vision 2040. Selon les données de l’Union, l’agriculture représente environ 21 % du PIB et 53 % des emplois dans l’espace communautaire. L’UEMOA vise aussi une progression des échanges intracommunautaires de 13 % à 30 % du total des échanges, à travers des chaînes de valeur régionales mieux intégrées.
Au Mali, les trois filières retenues ont une portée directe. La production nationale de riz paddy est estimée à 2,88 millions de tonnes pour la campagne 2025, avec des prévisions proches de 2,96 millions de tonnes en 2025-2026 sur environ 850 000 hectares. Pour le coton, la campagne 2025-2026 est attendue autour de 433 700 tonnes de coton graine, avant un objectif de 598 500 tonnes en 2026-2027.
Sur les intrants, Bamako avait approuvé en 2025 l’acquisition de 21 543 tonnes d’engrais auprès d’OCP Africa, pour un montant d’environ 9,8 milliards FCFA hors taxes. Les statistiques disponibles font également état d’une production locale de 100 000 tonnes de phosphate naturel granulaire et de 84 206 tonnes d’engrais organiques en 2022, une base que le volet phosphate-engrais du Livre blanc pourrait contribuer à renforcer.
Le ministère de l’Agriculture a exprimé son intérêt pour cette initiative, présentée comme un cadre de coopération régionale autour de filières jugées stratégiques. La mise en œuvre du portefeuille annoncé dépendra désormais des mécanismes de financement, de l’identification des projets, de la mobilisation des partenaires et de la capacité des États membres à traduire le Livre blanc en investissements concrets.
Les priorités attendues portent sur les intrants, les infrastructures agricoles, la transformation locale, l’accès au marché et le financement des producteurs. Pour le Mali, l’enjeu sera de relier ce cadre régional aux besoins des zones de production, notamment l’Office du Niger pour le riz, les bassins cotonniers et les circuits d’approvisionnement en engrais.
MD/Sf/APA






