La région de Bandiagara, dans le centre du Mali, est de nouveau endeuillée après des attaques simultanées contre deux villages. Les autorités régionales appellent les populations à rester unies aux côtés des Forces armées maliennes.
Deux villages de la région de Bandiagara, dans le centre du Mali, ont été attaqués mercredi 6 mai par des hommes armés, dans un contexte de forte insécurité dans cette partie du pays. Les attaques ont visé Kori Kori, dans la commune de Dugombo, cercle de Bandiagara, et Gomossogou, dans la commune de Lessagou, cercle de Diallassagou.
Le gouverneur de la région, le colonel-major Olivier Diassana, a dénoncé des attaques « barbares et lâches » menées presque au même moment contre les deux localités. Selon lui, cette simultanéité montre une action préparée et coordonnée, destinée à affaiblir le moral des populations.
« Ces attaques terroristes ont visé ces deux localités au même moment. Cela prouve la coordination et montre qu’elles ont été menées à dessein pour démoraliser les populations de la région qui commençaient réellement à croire en une possibilité de paix », a déclaré le gouverneur dans une adresse aux populations.
Le bilan humain n’a pas encore été officiellement communiqué de manière détaillée. Le gouverneur a toutefois parlé de pertes « lourdes de chaque côté » et de plusieurs blessés. Des informations locales évoquent plusieurs dizaines de morts, mais aucun chiffre définitif n’a été publié par les autorités régionales.
« C’est un cœur lourd qui m’amène à m’exprimer devant vous », a affirmé le colonel-major Diassana, en présentant ses condoléances aux familles touchées.
Les blessés ont été évacués vers les centres de santé de Bankass, Sévaré et Bandiagara, où ils reçoivent des soins, selon les autorités. Une mission conjointe de l’administration et des forces de défense et de sécurité a également été dépêchée auprès des populations affectées. Elle doit apporter un soutien moral aux familles, évaluer les besoins immédiats et contribuer à l’organisation des obsèques.
Le gouverneur a indiqué qu’une assistance financière avait été prévue pour accompagner les familles endeuillées. Il a aussi annoncé que l’équipe régionale d’appui à la réconciliation restait en contact avec les proches des victimes afin d’écouter les familles, de calmer les tensions et d’éviter toute réaction susceptible d’aggraver la situation.
Dans son intervention, le chef de l’exécutif régional a appelé les habitants à ne pas céder à la peur. Il a demandé aux légitimités traditionnelles, aux élus, aux administrateurs civils, aux responsables communautaires et à l’ensemble des populations de rester mobilisés avec les Forces armées maliennes.
« Nous n’allons pas baisser les bras », a-t-il insisté. Selon le gouverneur, la situation est « sous contrôle » et les Forces armées maliennes poursuivent les opérations de sécurisation dans la région. Il a indiqué que les zones touchées font l’objet d’une attention particulière.
La région de Bandiagara fait partie des zones les plus exposées aux violences dans le centre du Mali. Depuis plusieurs années, les groupes armés y mènent des attaques contre des villages, des positions de sécurité et des axes de circulation. Les populations civiles sont les premières touchées par cette insécurité, avec des pertes humaines, des déplacements, des difficultés d’accès aux marchés, aux champs, aux écoles et aux centres de santé.
Les attaques de Kori Kori et de Gomossogou interviennent alors que les autorités maliennes affirment poursuivre leurs opérations militaires dans plusieurs régions du pays. Dans le centre, la sécurisation reste difficile en raison de l’étendue des zones rurales, de la mobilité des groupes armés et de la vulnérabilité de certains villages isolés.
Pour les habitants de Bandiagara, l’enjeu immédiat est de faire face au deuil, de soigner les blessés et de préserver la cohésion locale. Les autorités régionales disent vouloir éviter que ces attaques ne provoquent davantage de peur ou de divisions dans une région déjà marquée par des années de violences.
Le gouverneur a appelé les populations à continuer de coopérer avec les forces de défense et de sécurité. Il a également demandé aux habitants de rester vigilants et de signaler tout mouvement suspect.
Dans les villages touchés, les familles endeuillées attendent désormais une protection renforcée et une présence plus durable de l’État. La région, qui espérait une amélioration progressive de la situation sécuritaire, se retrouve une nouvelle fois confrontée à la violence armée et à ses conséquences humaines.
MD/ac/APA







