Les Malawites se sont rendus aux urnes tôt mardi pour une élection présidentielle très disputée entre le président sortant Lazarus Chakwera et son prédécesseur Peter Mutharika, dans une revanche du scrutin historique de 2019 qui a été annulé.
Les bureaux de vote ont ouvert à 6h, heure locale (4h GMT), dans ce pays d’Afrique australe où plus de 7 millions d’électeurs inscrits doivent élire un président, 229 députés et plus de 500 conseillers locaux.
Ce scrutin marque le premier scrutin national au Malawi depuis l’annulation des résultats de la présidentielle de 2019 en raison d’irrégularités généralisées, notamment la falsification des bulletins de dépouillement et l’utilisation de correcteur.
Cette décision, confirmée par la Cour constitutionnelle, a donné lieu à un nouveau scrutin historique en 2020, au cours duquel Chakwera a battu Mutharika, faisant du Malawi le premier pays africain à destituer un président en exercice par le biais d’une nouvelle élection ordonnée par un tribunal.
Cinq ans plus tard, les deux hommes s’affrontent à nouveau dans une élection qui, selon toute vraisemblance, devrait se poursuivre jusqu’au second tour. Chakwera, 70 ans, ancien prédicateur et dirigeant du Parti du Congrès du Malawi, brigue un second mandat face à la frustration croissante de l’opinion publique face à l’inflation, aux pénuries de carburant et à la stagnation de la croissance.
Mutharika, 84 ans, membre du Parti démocrate progressiste, a fait campagne sur la promesse de rétablir la stabilité économique et de mettre fin à ce qu’il appelle « cinq années perdues ».
Dix-sept candidats à la présidence sont en lice, dont l’ancienne présidente Joyce Banda, même si les analystes estiment que la course se joue entre deux candidats.
Les deux favoris se sont engagés à revitaliser l’économie du Malawi, dépendante de l’agriculture et durement touchée par les chocs climatiques et une inflation supérieure à 27%.
L’élection est suivie de près par des observateurs régionaux et internationaux, notamment la Communauté de développement de l’Afrique australe (SADC), qui a déployé 80 observateurs dans les 28 districts.
Le Malawi est l’un des 16 Etats membres de la SADC et préside actuellement l’organe chargé de promouvoir la bonne gouvernance, la paix et la sécurité au sein du bloc régional.
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