Une délégation parlementaire libyenne a présenté à New York des recommandations visant à réformer le système international encadrant les avoirs gelés du pays, soulignant la nécessité de concilier obligations onusiennes et souveraineté nationale.
La commission de la Chambre des représentants (HoR) chargée du suivi des avoirs libyens gelés à l’étranger a soumis plusieurs propositions au Groupe d’experts du Comité des sanctions de l’ONU sur la Libye, a annoncé jeudi le porte-parole du Parlement, Abdullah Blehiq. La rencontre s’est tenue à New York, dans le cadre des consultations régulières menées sous mandat du Conseil de sécurité des Nations Unies.
Les discussions ont porté sur le système de sanctions et de gel des avoirs libyens instauré depuis 2011, que la partie libyenne juge inadapté à la situation actuelle. Les membres de la commission ont souligné les effets négatifs du dispositif onusien sur la gestion et la valorisation des ressources du pays, notamment la perte de revenus liés aux placements financiers des fonds gelés.
Selon M. Blehiq, la délégation libyenne a plaidé pour un nouvel équilibre entre les obligations internationales et le droit de la Libye à protéger ses actifs nationaux. Les propositions visent à établir un cadre permettant de préserver les avoirs tout en garantissant leur rendement, sous supervision internationale, jusqu’à la mise en place d’institutions constitutionnelles permanentes.
La commission a réaffirmé son engagement à préserver la richesse nationale et à assurer une gestion transparente et responsable des fonds gelés, considérés comme appartenant au peuple libyen. Elle a insisté sur la nécessité de renforcer la coopération entre Tripoli, le Parlement et les organismes onusiens afin d’éviter toute utilisation abusive ou perte de valeur de ces actifs au fil du temps.
Cette initiative intervient alors que plusieurs voix au sein des institutions libyennes appellent à réévaluer le régime de sanctions de l’ONU, jugé obsolète face à l’évolution politique du pays. Selon des estimations officieuses, les avoirs libyens gelés à l’étranger, détenus notamment en Europe et aux États-Unis, dépasseraient 60 milliards de dollars, répartis entre fonds souverains, actifs bancaires et placements financiers.
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