Les autorités libyennes ont arrêté environ 1 500 travailleurs étrangers sans papiers à Tripoli, samedi 26 juillet, dans le cadre d’une vaste opération de lutte contre l’immigration irrégulière. Cette action s’inscrit dans un contexte de pressions européennes croissantes et de regain migratoire en Méditerranée centrale.
Près de 1 500 migrants en situation irrégulière ont été interpellés samedi à l’aube dans le quartier d’al-Sabaa, à l’est de Tripoli, lors d’un raid mené par les forces de sécurité libyennes en présence du ministre du Travail, Ali al-Abed. L’opération, appuyée par des inspecteurs du travail, la police municipale et les services de lutte contre l’immigration illégale, visait des habitations informelles, occupées en majorité par des ressortissants égyptiens et subsahariens.
« Ces logements ne répondent à aucune norme d’habitat décent, ni de santé ou de sécurité au travail », a déclaré le ministre, précisant que les personnes arrêtées n’étaient en possession ni de permis de séjour, ni de passeports, ni de carnets de santé. Les migrants arrêtés doivent être transférés vers des centres de détention administrés par l’Autorité de lutte contre l’immigration illégale, en attendant d’éventuelles poursuites ou expulsions.
Selon les autorités libyennes, la campagne de contrôles s’inscrit dans un effort national plus large de lutte contre les réseaux de passeurs, soutenu par plusieurs partenaires étrangers.
Une réunion tripartite tenue le 8 juillet à Tripoli avec les ministres de l’Intérieur d’Italie, de Malte, de Grèce et le commissaire européen chargé des migrations, avait déjà acté une coordination accrue.
Le chef du gouvernement Abdelhamid Dbeibah a annoncé une vaste campagne contre la traite des êtres humains, alors que des millions de migrants – entre 3 et 4 millions selon Tripoli – se trouveraient actuellement en situation irrégulière sur le sol libyen.
Depuis le durcissement des contrôles aux frontières tunisiennes, la Libye est redevenue la principale route migratoire vers l’Europe. En 2025, 30 060 migrants sont arrivés en Italie au premier semestre, soit une hausse de 15 % sur un an. Parmi eux, 27 000 ont embarqué depuis les côtes libyennes, contre 14 684 à la même période en 2024, soit une augmentation de près de 50 %, selon les chiffres du ministère italien de l’Intérieur.
La route qui relie l’est de la Libye à l’Italie reste l’une des plus dangereuses au monde. Nombre de migrants interceptés en mer sont renvoyés de force vers la Libye, où ils sont détenus dans des conditions déplorées par les Nations Unies. Plusieurs fosses communes ont récemment été découvertes, alimentant les inquiétudes sur les violations systématiques des droits humains dans les centres de rétention.
MK/ac/Sf/APA






