Le plan 2026–2030 prévoit un renforcement de la protection, de l’éducation et de la santé des enfants tunisiens, dans un contexte de mutation démographique et de fragilité des politiques sociales.
Alors que la Tunisie fait face à de profonds bouleversements sociaux, économiques et démographiques, le gouvernement a décidé de faire de l’enfance une priorité stratégique du prochain plan quinquennal 2026–2030. Cette orientation, présentée par le ministère des Affaires sociales et celui de la Femme, vise à renforcer les mécanismes de protection et de développement de l’enfant, dans un contexte marqué par l’augmentation de la précarité, la fragilisation de l’institution familiale, et les effets indirects de la pandémie.
Parmi les mesures phares annoncées figurent la généralisation des crèches publiques dans les zones rurales, la création de centres de santé mentale pour enfants, la lutte contre le travail des mineurs, l’introduction d’un dispositif de signalement renforcé contre les violences familiales et scolaires et l’amélioration des cantines et de la scolarisation dans les zones marginalisées.
Le programme se veut également en phase avec les objectifs de développement durable (ODD) et les recommandations du Comité des droits de l’enfant de l’ONU, qui avait en 2023 alerté sur la persistance de discriminations structurelles en Tunisie.
Selon l’Institut national de la statistique, plus d’un quart des enfants tunisiens vivent dans des conditions de pauvreté multidimensionnelle, et les inégalités d’accès à l’éducation, à la santé et à la protection se sont accentuées entre régions.
En parallèle, le gouvernement prévoit de mobiliser des partenariats avec des ONG, des agences de l’ONU et des bailleurs multilatéraux pour financer les programmes sociaux. Un cadre juridique de suivi et d’évaluation sera mis en place pour garantir la redevabilité des engagements.
Cette stratégie se veut également préventive face à un phénomène inquiétant : la montée de la délinquance juvénile dans les grandes villes, souvent liée à la déscolarisation, à la précarité et à l’absence de structures d’encadrement.
À travers ce virage social, Tunis cherche à refonder un contrat générationnel affaibli, et à investir dans le capital humain dès la petite enfance pour restaurer les bases d’un développement plus équitable.
MK/ac/Sf/APA




