Haïti, plongée dans une spirale de violence alimentée par des gangs qui contrôlent la quasi-totalité de Port-au-Prince, accueille un nouveau contingent de 230 policiers kenyans. Leur mission : soutenir les forces locales et internationales dans un contexte où l’insécurité ne cesse de s’aggraver, malgré les efforts de la communauté internationale.
230 policiers kenyans ont été déployés en Haïti, pays insulaire des Caraïbes ravagé par les gangs, afin de renforcer un contingent chargé de lutter contre une violence qui ne montre aucun signe d’apaisement.
Arrivés lundi, ils remplacent une centaine de policiers kenyans ayant achevé leur mission.
Ce déploiement intervient alors que les gangs continuent de semer la terreur dans les quartiers de la capitale, Port-au-Prince.
La Mission multilatérale d’appui à la sécurité en Haïti (MSS), lancée en janvier dernier, vise à contribuer au rétablissement de l’ordre public dans un pays en proie à une véritable guerre opposant les gangs à l’État, une situation qui menace directement la population civile.
En février, The Haitian Times a rapporté la première victime du contingent kenyan, moins d’un mois après le début de la mission. Un policier, dont l’identité n’a pas été révélée, a été touché par balle à l’épaule lors d’une patrouille. Son collègue, Samuel Tompei Kaetuai, âgé de 31 ans, a été mortellement atteint lors d’affrontements armés avec des membres de gangs à Savien. Cette nouvelle a profondément choqué les policiers kenyans restés dans leur pays.
Selon les Nations Unies, les gangs contrôlent aujourd’hui 90 % de Port-au-Prince. Meurtres, viols, enlèvements contre rançon et pillages y sont quotidiens, malgré la présence de la force internationale dirigée par le Kenya.
Depuis octobre, plus de 70 personnes ont été tuées dans des violences liées aux gangs, tandis que les affrontements de rue se poursuivent entre la police haïtienne, appuyée par le MSS, et les groupes armés qui les prennent fréquemment pour cibles.
Plusieurs États voisins — Antigua-et-Barbuda, les Bahamas, la Barbade, la Jamaïque et la Guyane — se sont engagés à fournir du personnel policier à la MSS. Le Bangladesh, le Bénin et le Tchad ont également proposé leur soutien.
Face à l’aggravation de la crise, le Conseil de sécurité de l’ONU a approuvé en septembre le déploiement d’une mission de maintien de la paix plus importante afin de contrer la violence des gangs. Depuis la démission du Premier ministre Ariel Henry l’an dernier, le pays est dirigé par un gouvernement de transition.
Un climat d’incertitude entoure les élections présidentielles et législatives prévues l’an prochain : Haïti n’a pas organisé d’élections depuis neuf ans.
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