Le 3 septembre a coïncidé, à travers les époques, avec des moments significatifs de l’histoire africaine. Cette date reflète à la fois la résistance à la pénétration coloniale, l’implication contrainte du continent dans les conflits mondiaux, les choix économiques liés aux indépendances et les efforts contemporains de consolidation étatique.
En 1826, près de Saint-Louis du Sénégal, les guerriers du Ganjool affrontèrent les troupes coloniales françaises lors de la bataille de Safilème. L’issue fut une défaite cuisante pour les forces françaises. Cet épisode, bien que localisé, incarne la résistance farouche des royaumes wolofs et des populations locales face à l’expansion coloniale. Aujourd’hui, il demeure dans la mémoire collective grâce aux initiatives de l’association And Samm Cosaanu Ganjool, qui organise chaque année des cérémonies en hommage aux combattants tombés ce jour-là.
Plus d’un siècle plus tard, le 3 septembre 1939, la France et le Royaume-Uni déclaraient la guerre à l’Allemagne nazie. Cette décision engagea automatiquement leurs colonies africaines dans le conflit mondial. Des centaines de milliers de tirailleurs venus d’Afrique de l’Ouest, du Maghreb ou encore de Madagascar furent enrôlés de force dans les armées alliées. Parallèlement, les territoires coloniaux servirent de bases militaires stratégiques et fournirent des matières premières indispensables, telles que l’arachide, le coton, le cuivre ou encore l’uranium. Cette participation imposée bouleversa durablement les sociétés africaines et contribua, après 1945, à nourrir les revendications politiques et les aspirations à l’indépendance, portées notamment par les anciens combattants.
Au lendemain des indépendances, le 3 septembre devint aussi une date de souveraineté économique. À São Tomé-et-Príncipe, jeune État indépendant depuis juillet 1975, ce jour fut consacré au Dia do Agricultor (Jour de l’Agriculteur). Il correspond à la nationalisation des grandes plantations coloniales, les roças, qui constituaient l’ossature de l’économie sous domination portugaise. En reprenant le contrôle de ces terres, l’État entendait rompre avec le système hérité de la colonisation et affirmer son autonomie économique. Ce geste, hautement symbolique, demeure aujourd’hui un jalon central de la mémoire nationale de l’archipel.
Le 3 septembre 2000, au Lesotho, l’inauguration officielle du barrage de Katse marqua un tournant stratégique. Ce projet, intégré au Lesotho Highlands Water Project et mené en coopération avec l’Afrique du Sud, représente l’un des plus grands chantiers d’infrastructure du continent. Haut de 185 mètres, le barrage approvisionne en eau les régions les plus industrialisées d’Afrique du Sud tout en permettant au Lesotho de produire de l’hydroélectricité et de générer des revenus considérables. Cette réalisation illustre la manière dont un petit royaume enclavé a su transformer ses ressources naturelles en levier de développement.
Enfin, le Rwanda associa également cette date à son parcours de reconstruction politique. Les 2, 3 et 4 septembre 2017, le pays organisa ses élections législatives, qui furent largement remportées par le Front patriotique rwandais (FPR) du président Paul Kagame. Ce scrutin, tenu près d’un quart de siècle après le génocide des Tutsi, s’inscrit dans le processus de stabilisation et de consolidation institutionnelle engagé par Kigali. Il marque une nouvelle étape dans la quête de durabilité politique et dans l’intégration d’une jeunesse et d’une population féminine de plus en plus présentes dans la vie publique.
APA







