Du Kenya pré-indépendance à la chute du régime marxiste éthiopien, en passant par la transition sud-africaine post-apartheid et les crises politiques contemporaines du Sahel et des Grands Lacs, le 26 mai est marqué par plusieurs séquences majeures de l’histoire politique africaine moderne.
Le 26 mai occupe une place particulière dans les chronologies politiques africaines et afro-diasporiques, à travers des événements liés aux indépendances, aux transitions démocratiques, aux crises institutionnelles et aux recompositions géopolitiques du continent.
Le 26 mai 1963 marque une étape importante dans l’histoire du Kenya avec les premières élections générales précédant l’indépendance du pays obtenue quelques mois plus tard, le 12 décembre 1963. Le scrutin ouvre la voie à l’arrivée au pouvoir de Jomo Kenyatta et à la domination politique de la Kenya African National Union (KANU) dans les premières années de l’État indépendant.
Vingt-huit ans plus tard, le 26 mai 1991 correspond aux dernières heures du régime militaire marxiste du Derg en Éthiopie. Affaibli par la guerre civile, l’effondrement soviétique et l’avancée rebelle, le pouvoir dirigé par Mengistu Haile Mariam s’effondre progressivement avant l’entrée des forces du Front démocratique révolutionnaire du peuple éthiopien (EPRDF) à Addis-Abeba quelques jours plus tard, mettant fin à près de dix-sept années de régime militaro-marxiste.
Le 26 mai s’inscrit également dans la séquence de transition démocratique sud-africaine. Fin mai 1994, quelques semaines après l’investiture historique de Nelson Mandela comme premier président noir d’Afrique du Sud, le pays poursuit la mise en place du gouvernement d’unité nationale associant l’ANC, le Parti national de Frederik de Klerk et l’Inkatha Freedom Party, dans le cadre de la sortie institutionnelle de l’apartheid.
Dans la région des Grands Lacs, le 26 mai 2015 intervient au cœur de la crise politique burundaise provoquée par la candidature du président Pierre Nkurunziza à un troisième mandat contesté. Malgré la tentative de coup d’État avortée quelques jours auparavant, les manifestations et tensions sécuritaires se poursuivent à Bujumbura, ouvrant une période de forte instabilité politique.
Le Sahel est également concerné par cette date. Le 26 mai 2021, le colonel Assimi Goïta consolide sa prise du pouvoir au Mali après l’arrestation du président de transition Bah N’Daw et du Premier ministre Moctar Ouane, lors du deuxième coup d’État en moins d’un an dans le pays. Cet épisode accélère les tensions entre Bamako et la Cédéao et amorce une reconfiguration des alliances régionales sahéliennes.
Le 26 mai comporte aussi une dimension diasporique importante. Le 26 mai 1966, le Guyana accède à l’indépendance vis-à-vis du Royaume-Uni. Cet État sud-américain, dont une large partie de la population descend d’Africains déportés durant la traite transatlantique, occupe une place particulière dans l’histoire des diasporas africaines des Caraïbes et des Amériques.
Autre épisode marquant associé à cette période : les violences xénophobes qui secouent l’Afrique du Sud à la fin du mois de mai 2008 contre des migrants africains originaires notamment du Zimbabwe, du Mozambique ou du Malawi. Les attaques provoquent plusieurs dizaines de morts et ravivent les débats sur les fractures sociales et économiques persistantes dans l’Afrique du Sud post-apartheid.
La date correspond à la naissance, en 1966, de l’athlète sud-africaine Zola Budd, devenue une figure controversée du sport international durant les années de boycott de l’Afrique du Sud de l’apartheid.
Sf/APA






