Au cours d’un atelier de trois jours, experts organisé par la FAO, autorités nationales de contrôle et représentants des laboratoires au Sahel vont partager les résultats des auto-évaluations des bonnes pratiques de laboratoire (BPL), découvrir de nouveaux outils d’audit, échanger sur les enjeux de la certification et planifier les prochaines étapes.
Un atelier régional de lancement du programme de renforcement des capacités des laboratoires de sécurité sanitaire des aliments s’est ouvert ce lundi à Dakar, a constaté APA. Cette initiative de trois jours, portée par l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) en partenariat avec la section Afrique de l’Association des chimistes analytiques officiels (AOAC, sigle anglais), vise à accompagner neuf laboratoires pilotes au Sénégal, au Burkina Faso et au Niger dans leur mise à niveau technique et institutionnelle.
« La sécurité sanitaire des aliments est un pilier fondamental de la santé publique, de la confiance des consommateurs et du développement économique. Dans un contexte où les échanges commerciaux s’intensifient, disposer de laboratoires performants n’est plus un luxe, c’est une nécessité stratégique », a déclaré M. Zoéwindé Henri-Noël Bouda, représentant Mme Bintia Stephen-Tchicaya, Coordonnatrice sous-régionale par intérim de la FAO pour l’Afrique de l’Ouest.
Les diagnostics initiaux menés dans les neuf laboratoires ciblés ont révélé des besoins urgents : infrastructures et équipements à moderniser, systèmes qualité à consolider, procédures à normaliser et compétences techniques à renforcer.
Ces lacunes persistent malgré l’importance stratégique de la sécurité sanitaire pour la santé publique, le commerce et la compétitivité des chaînes de valeur agroalimentaires au Sahel.
L’objectif du programme est d’accompagner ces laboratoires vers la conformité aux bonnes pratiques de laboratoire (BPL) et à la norme ISO/IEC 17025:2017, standard international de référence pour les laboratoires d’analyses.
Un programme d’accompagnement complet sur trois ans
Pendant ces trois jours d’atelier, experts, autorités nationales de contrôle et représentants des laboratoires vont partager les résultats des auto-évaluations BPL, découvrir de nouveaux outils d’audit, échanger sur les enjeux de la certification et planifier les prochaines étapes.
Un programme d’analyse comparative des performances servira de levier d’amélioration continue, tandis qu’une planification concertée des audits et des actions correctives sera favorisée.
« Les résultats attendus s’inscrivent dans une perspective de long terme, où chaque laboratoire deviendra un maillon fiable de la chaîne de sécurité sanitaire des aliments dans notre région », a souligné M. Bouda.
Pour y arriver, a fait savoir Professeur Amadou Diop, président du Comité national du Codex Alimentarius, il faudra produire des données fiables pour peser sur les normes internationales.
« Les données sont essentielles pour apprécier le fardeau des maladies d’origine alimentaire, élaborer des normes et soutenir le commerce. Mais pour être utilisées à l’international, elles doivent être obtenues selon des méthodes validées », a-t-il expliqué.
Poursuivant, l’universitaire a regretté le fait que beaucoup de données produites au niveau local ne sont pas exploitables faute de respect des conditions optimales. « Si nous voulons que nos positions soient prises en compte dans la définition des normes, nous devons fournir des données valides. Cela suppose des laboratoires bien équipés, du personnel bien formé et des procédures rigoureuses », a-t-il dit.
Au Sénégal, le Laboratoire national d’analyses et de contrôle (LANAC) est le bras technique de la Direction du commerce intérieur et le seul laboratoire national d’analyses et de contrôle des produits alimentaires aux stades de la production, de la commercialisation, de l’importation et de l’exportation.
Sa Directrice générale, Madame Fatou Bèye Sarré, est revenu sur la place importante qu’occupe ce laboratoire dans le dispositif national de veille à la sécurité sanitaire des aliments et relevé la nécessité de la formation continue de ses agents.
« Il a toujours besoin de mettre à jour la compétence de son personnel par des formations sur de nouvelles méthodes validées, de renouveler son plateau technique et de veiller à la maintenance de ses équipements », a expliqué Mme Sarré.
Cette nécessité s’impose pour des prises de décisions rapides par les autorités, pour satisfaire des clients de plus en plus exigeants sur les délais de rendu des résultats et pour être capable de contrôler certains contaminants dangereux pour la santé des populations.
L’atelier se poursuit jusqu’au 14 août 2025, rassemblant l’ensemble des parties prenantes autour de l’objectif commun de bâtir « un système plus robuste, plus fiable et plus résilient » pour la sécurité alimentaire dans la sous-région.
ARD/ac/Sf/APA







