La Haute Cour du Kenya a prolongé de trois semaines l’ordonnance suspendant la construction et l’exploitation d’un centre de quarantaine pour Ebola associé aux États-Unis.
La justice kényane a décidé de maintenir la suspension d’un centre de quarantaine envisagé contre le virus Ebola. Quatre jours plus tôt, la juridiction avait déjà bloqué le projet américain visant à établir au Kenya une structure d’isolement destinée aux citoyens américains, un projet qui a suscité de vives inquiétudes au sein de l’opinion publique concernant les risques de propagation transfrontalière du virus.
Dans sa décision rendue mardi, la Haute Cour de justice a également ordonné au gouvernement kenyan de divulguer les détails du projet. Cette injonction intervient au lendemain d’une manifestation ayant rassemblé des centaines de personnes dans la ville de Nanyuki, dans le centre du pays, pour protester contre l’implantation du site.
Selon un responsable américain, le centre d’isolement, d’une capacité de 50 lits et devant être géré par du personnel médical américain, devait entrer en service vendredi. Le gouvernement kenyan ne s’est toutefois pas exprimé directement sur ce projet.
Dans sa requête devant la justice, l’Institut Katiba a estimé que cette initiative présentait des « risques graves et imminents » pour la santé publique.
Le projet a déclenché une vive controverse dans le pays, plusieurs critiques accusant les États-Unis de chercher à transférer vers le Kenya les risques sanitaires liés à la gestion de l’épidémie d’Ebola.
La juge Patricia Nyaundi a ordonné qu’aucune activité de construction ou d’exploitation ne soit menée sur le site tant que l’affaire n’aura pas été définitivement tranchée.
Elle a également exigé que les autorités publient, dans un délai de sept jours, l’ensemble des accords, protocoles sanitaires et modalités opérationnelles relatifs au centre. L’affaire doit être réexaminée le 23 juin.
Cette décision fait suite à des mesures conservatoires déjà accordées après un recours déposé par plusieurs organisations de la société civile, qui dénoncent notamment un manque de transparence et des insuffisances dans la préparation sanitaire.
Malgré les restrictions imposées par la justice, des sources diplomatiques indiquent que des avions militaires américains auraient continué à acheminer du personnel et du matériel vers le site ces derniers jours.
L’opposition au projet ne cesse de croître. Plus tôt cette semaine, des centaines d’habitants de Nanyuki sont descendus dans la rue pour dénoncer l’initiative. Les organisateurs des manifestations affirment que deux personnes ont été tuées par balles lors d’affrontements avec la police.
Les autorités ont toutefois indiqué n’avoir connaissance d’aucun décès confirmé lié à ces incidents.
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