Lors du Conseil des ministres du mercredi 6 mai 2026, le gouvernement sénégalais a annoncé un renforcement de sa doctrine énergétique afin de limiter l’impact de la flambée des cours du pétrole provoquée par les tensions géopolitiques au Moyen-Orient. Dakar mise notamment sur ses nouvelles ressources gazières et pétrolières pour protéger l’économie et le pouvoir d’achat.
Confronté à la remontée des prix du pétrole sur les marchés internationaux, le gouvernement sénégalais a dévoilé mercredi une série de mesures destinées à renforcer la résilience énergétique et économique du pays.
Dans sa communication au Conseil des ministres, le Premier ministre, Ousmane Sonko a évoqué une situation géopolitique « marquée par une instabilité structurelle profonde » au Moyen-Orient, entraînant une forte tension sur les marchés pétroliers mondiaux.
Pour le Sénégal, importateur net d’hydrocarbures malgré le démarrage récent de sa production nationale, cette situation risque d’alourdir la facture énergétique, d’accentuer la pression sur les finances publiques et de provoquer une hausse des coûts de production ainsi que des prix à la consommation.
Face à ces menaces, l’exécutif entend accélérer la valorisation des ressources gazières nationales, renforcer la maîtrise de la consommation énergétique et diversifier davantage le mix énergétique national.
Le gouvernement prévoit également de déployer une politique de sobriété énergétique, d’intensifier la transition vers les énergies renouvelables et de mettre en place un « bouclier énergétique » destiné à protéger les secteurs stratégiques et les ménages vulnérables.
Dakar veut aussi renforcer la veille géopolitique sur les marchés énergétiques internationaux, diversifier ses sources d’approvisionnement et adapter le régime fiscal du secteur afin de mieux absorber les chocs externes.
Ces annonces interviennent alors que les cours mondiaux du pétrole demeurent particulièrement volatils. Selon Reuters et plusieurs analystes de marché, le Brent évolue autour de 100 dollars le baril après avoir dépassé ce seuil ces dernières semaines sous l’effet des tensions autour du détroit d’Ormuz et des risques de perturbation des flux pétroliers mondiaux.
La banque Barclays a relevé sa prévision moyenne du Brent pour 2026 à 100 dollars le baril contre 85 dollars auparavant, estimant qu’une prolongation des tensions régionales pourrait maintenir durablement les prix à des niveaux élevés.
La stratégie dévoilée mercredi s’inscrit dans la continuité des premières retombées économiques de l’exploitation des hydrocarbures sénégalais.
En décembre 2025, le gouvernement avait procédé à une baisse des prix des carburants, avec un recul de 70 FCFA du litre de super et de 75 FCFA du gasoil, une première depuis près de deux ans.
Les autorités avaient alors attribué cette décision à l’amélioration des performances du secteur pétrolier et gazier, portée notamment par les projets Sangomar et Grand Tortue Ahmeyim (GTA).
Selon le ministère de l’Énergie, du Pétrole et des Mines, le champ pétrolier de Sangomar a produit plus de 47 millions de barils depuis son entrée en exploitation en juin 2024, générant plusieurs centaines de milliards de FCFA de recettes d’exportation.
Le projet gazier GTA a, de son côté, permis l’exportation de plusieurs cargaisons de gaz naturel liquéfié, contribuant à la réduction du déficit commercial sénégalais et à la progression des exportations vers l’Europe et l’Asie.
À travers les mesures annoncées le 6 mai, le gouvernement cherche désormais à transformer ces nouvelles ressources énergétiques en levier de souveraineté économique face aux turbulences persistantes des marchés mondiaux.
AC/Sf/APA







