Vingt-deux ressortissants togolais ont été interpellés dans la région ghanéenne de Savannah pour des activités minières illégales, alors que le « galamsey » gangrène le secteur aurifère du pays.
Le service de renseignement de la police régionale de Savannah (région des Savanes, dans le nord du Ghana), a interpellé vingt-deux ressortissants togolais soupçonnés d’activités minières illégales dans la commune de Gonja occidental, a appris APA vendredi.
L’opération a eu lieu lorsque les policiers ont intercepté un camion Kia immatriculé BA 223-12, conduit par Abdul Majeed Yakubu. Les occupants ont reconnu être des Togolais se rendant à Tuntumba, une zone minière connue pour ses activités illégales, afin de s’y livrer à des travaux d’extraction.
Les suspects sont actuellement en garde à vue et devraient être remis au service de l’immigration pour les procédures légales. Les enquêtes se poursuivent et les autorités annoncent des informations complémentaires en temps voulu.
Le Ghana, premier producteur d’or en Afrique, voit son secteur minier artisanal fortement affecté par des pratiques illégales, une criminalité transnationale et des impacts socio-environnementaux préoccupants, selon le rapport Mapping Ghana’s Expanding Gold Sector – Part One publié en juin 2025 par la Global Initiative Against Transnational Organized Crime (GI-TOC).
Cette étude souligne que l’exploitation minière artisanale à petite échelle (ASGM) représenterait plus de 30 % de la production nationale, avec une part non déclarée estimée entre 24 et 30 tonnes en 2022, soit 1,74 milliard de dollars US.
Le rapport pointe la déforestation, la pollution au mercure et au cyanure, le travail informel, l’exploitation des femmes, ainsi que les conflits violents et l’infiltration de réseaux criminels étrangers, notamment chinois.
Depuis mars 2025, la police ghanéenne a lancé une vaste offensive contre le « galamsey », conduisant à l’arrestation de plus de 300 personnes, dont 46 ressortissants chinois, et à la saisie d’équipements lourds dans plusieurs zones. La région de Savannah, nouvel épicentre du phénomène, fait l’objet d’une attention particulière pour enrayer ce fléau qui continue de menacer l’État et les communautés rurales.
AC/Sf/APA







