Malgré le contexte géopolitique tendu, projetée à +5% en 2025 par Fitch Solutions, la croissance du Maroc sera alimentée par une hausse de 55,4 % des IDE, l’expansion du tourisme à 17,8 millions de visiteurs et des investissements stratégiques.
L’économie marocaine devrait accélérer à 5,0% de croissance en 2025, contre 3,3% en 2024, malgré les vents contraires d’un secteur agricole faible, selon un rapport publié par Fitch Solutions le 26 février.
BMI, une société de Fitch Solutions, a révisé à la baisse sa prévision précédente de 5,6 % à 5,0 %, principalement en raison de « signes émergents indiquant que la production agricole tombera en dessous des moyennes historiques ».
Néanmoins, les prévisions restent « notablement optimistes » et continuent de dépasser le consensus de Focus Economics de 3,9 %.
« Nous prévoyons une forte croissance dans le secteur non agricole tirée par des investissements solides, soutenus par la politique monétaire accommodante de Bank Al Maghrib et des entrées substantielles d’IDE, en particulier dans les secteurs de l’automobile, de l’aéronautique et des énergies renouvelables », indique le rapport.
L’investissement devrait être un moteur essentiel de la croissance, soutenu par les baisses de taux en cours et par de solides flux d’investissements directs étrangers.
Bank Al Maghrib, la banque centrale du Maroc, maintiendra une politique monétaire accommodante avec « une baisse supplémentaire de 25 points de base du taux directeur en 2025 après 50 points de base de baisses en 2024, ramenant le taux directeur à 2,25% d’ici la fin de l’année ».
Cette politique monétaire devrait stimuler l’investissement privé en abaissant les coûts d’emprunt, les taux des prêts bancaires étant à leur plus bas niveau depuis le premier trimestre 2023, avec une moyenne de 5,1 % au quatrième trimestre 2024.
Le rapport précise que la situation stratégique du Maroc , son environnement opérationnel favorable et les investissements dans les infrastructures pour la Coupe du monde 2030 (co-organisée avec l’Espagne et le Portugal) continueront de stimuler un afflux substantiel de capitaux étrangers, les IDE nets ayant augmenté de 55,4 % en glissement annuel en 2024.
La consommation privée devrait rester relativement robuste en 2025 en raison de trois facteurs principaux.
Premièrement, la politique budgétaire expansionniste du gouvernement, qui comprend une augmentation de 11,5 % des dépenses de personnel et des salaires du secteur public, stimulera la consommation des ménages. Deuxièmement, la faible inflation, qui s’élèvera en moyenne à 1,6 % en 2025, contribuera à maintenir le pouvoir d’achat des consommateurs. Troisièmement, la croissance des transferts de fonds devrait rester stable compte tenu de la croissance plus forte en Europe, où vivent plus de 80 % des Marocains de l’étranger.
Toutefois, ces facteurs positifs seront limités par la faible croissance du secteur agricole qui emploie près de 30 % de la population active.
MK/ac/Sf/APA





