L’Égypte affirme qu’elle ne restera pas passive face à l’aggravation de la crise soudanaise et trace des lignes rouges concernant l’unité, la souveraineté et la sécurité nationale du Soudan.
L’Égypte a adopté mercredi une position résolue face à la dégradation continue de la situation au Soudan. « L’Égypte ne restera pas les bras croisés face à ce qui se passe au Soudan et n’hésitera pas à prendre les mesures nécessaires pour le préserver », a déclaré le ministre égyptien des Affaires étrangères, de l’Immigration et des Expatriés, Badr Abdelatty, lors d’une conférence de presse conjointe tenue au Caire avec l’envoyé personnel du Secrétaire général des Nations Unies pour le Soudan, Ramtane Lamamra.
Cette conférence s’est déroulée à l’issue de la cinquième réunion du Mécanisme consultatif pour la promotion et la coordination des efforts de paix au Soudan. Le chef de la diplomatie égyptienne a insisté sur l’existence de « lignes rouges » que Le Caire juge non négociables, affirmant l’opposition ferme de l’Égypte à tout scénario d’effondrement de l’État soudanais ou d’atteinte à sa souveraineté.
« Il est hors de question qu’il y ait une entité parallèle quelconque au Soudan. Nous refusons qu’une partie étrangère impose sa volonté au peuple soudanais et nous œuvrons pour préserver ses ressources », a martelé Abdelatty, soulignant le lien direct entre la stabilité du Soudan et la sécurité nationale égyptienne. Selon lui, « porter atteinte à la sécurité du Soudan, c’est porter atteinte à celle de l’Égypte ».
Qualifiant le conflit de « plus grand drame humanitaire au monde », le ministre a réaffirmé le rejet catégorique de toute perspective de sécession ou de fragmentation territoriale du pays. Il a également indiqué que des consultations étaient en cours entre l’Égypte, des partenaires européens et des pays de la région en vue de la reconstruction des infrastructures soudanaises une fois les conditions sécuritaires réunies.
Du point de vue diplomatique, Abdelatty a plaidé pour une relance urgente du processus politique et un retour à la table des négociations. Il a évoqué des contacts réguliers entre le président égyptien Abdel Fattah al-Sissi et le président américain Donald Trump, misant sur un rôle de Washington pour parvenir à une trêve humanitaire. Il a précisé que les autorités soudanaises se disaient ouvertes à une trêve conditionnelle garantissant la protection des civils.
Prenant la parole, Ramtane Lamamra a salué les « efforts massifs » déployés par l’Égypte pour mettre fin à la guerre et juguler l’escalade régionale. « Nous devons faire primer la raison et trouver une solution répondant aux aspirations du peuple soudanais », a-t-il déclaré. La réunion du Mécanisme consultatif, qui a rassemblé de nombreux acteurs régionaux et internationaux, a abouti à une vision commune sur les conditions de la paix et les moyens de sa mise en œuvre, selon le communiqué final.
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