Du scandale colonial congolais de 1903 aux inondations meurtrières au Nigéria en 2022, le 19 septembre a été témoin de nombreux événements marquants sur le continent africain. Coups d’État, attentats, massacres, décès de dirigeants : cette date a souvent rimé avec les soubresauts de l’histoire africaine moderne.
Le 19 septembre 1903, le roi Léopold II de Belgique publie un démenti officiel concernant les accusations de cruauté et d’exploitation systématique portées contre l’administration belge de l’État indépendant du Congo. Ces allégations, largement relayées par des missionnaires et des journalistes internationaux, provoquent un scandale la retentissant en Europe et aux États-Unis. Le monarque tente ainsi de préserver sa réputation face à la campagne dénonçant les atrocités commises dans sa colonie privée, notamment le recours au travail forcé pour l’extraction du caoutchouc, qui a entraîné des milliers de morts.
En 1916, pendant la Première Guerre mondiale, les troupes de la Force publique congolaise, sous commandement belge, s’emparent de la ville stratégique de Tabora, en Afrique orientale allemande (actuelle Tanzanie). La victoire intervient après plusieurs semaines de combats acharnés contre les forces du général allemand Paul von Lettow-Vorbeck. Tabora, important nœud ferroviaire et centre administratif, constitue un tournant décisif dans la lutte des Alliés pour le contrôle de la région.
Le 19 septembre 1989, le vol UTA 772, un McDonnell Douglas DC-10 de la compagnie française Union de transports aériens, est détruit en vol par une explosion et s’écrase dans le désert du Ténéré, près de Bilma au Niger. Les 171 personnes à bord – 155 passagers et 16 membres d’équipage – périssent. L’enquête internationale établira la responsabilité de services secrets libyens dirigés par Abdallah Senoussi, beau-frère du colonel Mouammar Kadhafi. L’attentat s’inscrit dans une série d’actions terroristes attribuées au régime libyen dans les années 1980.
Le 19 septembre 1997, un massacre a lieu à Guelb El-Kebir, dans la wilaya de Relizane en Algérie. Cinquante-trois civils, dont des femmes et des enfants, sont sauvagement assassinés lors d’une attaque nocturne attribuée aux Groupes islamiques armés (GIA). Cet événement s’inscrit dans la « décennie noire » (1991-2002), période de guerre civile opposant forces gouvernementales et groupes islamistes radicaux, et illustre la stratégie de terreur menée contre les populations rurales.
Le 19 septembre 2002, une tentative de coup d’État éclate simultanément à Abidjan, Bouaké et Korhogo en Côte d’Ivoire, menée par les insurgés du Mouvement patriotique de Côte d’Ivoire (MPCI), dirigés par Guillaume Soro. Les rebelles prennent le contrôle de vastes portions du nord du pays. Cette rébellion, initialement présentée comme une mutinerie de soldats démobilisés, conduit rapidement à une partition de facto entre le sud gouvernemental et le nord rebelle, séparés par une « zone de confiance » surveillée par les forces françaises de l’opération Licorne et les Casques bleus de l’ONU. La crise marque le début d’une décennie d’instabilité politique culminant avec la crise post-électorale de 2010-2011.
Le 19 septembre 2019, Zine el-Abidine Ben Ali, ancien président de la République tunisienne (1987-2011), décède en exil à Djeddah, en Arabie saoudite, à l’âge de 83 ans. Arrivé au pouvoir par un coup d’État médical contre Habib Bourguiba, il a dirigé un régime autoritaire caractérisé par la répression politique et la corruption. Sa chute, le 14 janvier 2011, sous la pression de la révolution du jasmin, a déclenché le Printemps arabe dans la région. Condamné par contumace à de lourdes peines de prison, il n’a jamais pu retourner en Tunisie.
Le 19 septembre 2022, les inondations exceptionnelles au Nigéria font plus de 300 morts et 100 000 déplacés, selon l’Agence nationale de gestion des urgences (NEMA). Ces crues, les plus dévastatrices depuis des décennies, touchent 29 des 36 États de la fédération, notamment Kogi, Anambra, Delta et Bayelsa. La catastrophe, amplifiée par les changements climatiques et l’urbanisation anarchique, révèle la vulnérabilité des infrastructures nigérianes face aux phénomènes météorologiques extrêmes.
Sf/APA






