L’Association marocaine de protection des animaux et de la nature (AMPANA) a présenté, lors d’une visite mercredi 3 septembre, son dispensaire vétérinaire régional de Rabat, un centre de lutte contre les chiens errants intégrant des technologies de pointe et une stratégie nationale efficace.
El Arjate, 16h05. Le dispensaire vétérinaire régional dédié à l’application du TNVR s’ouvre sur une cour vaste et soigneusement entretenue. Des arbres verdoyants, plantés en alignement le long des allées, apportent une touche de fraîcheur tandis que le gazon impeccablement taillé souligne le soin apporté à ce lieu. Entouré de bâtiments fonctionnels, l’espace voit évoluer une équipe vétérinaire, des techniciens en blouse et des agents communaux, dans un ballet parfaitement orchestré. La fluidité et la discipline y assurent un fonctionnement sans le moindre accroc.
Dès leur arrivée, les chiens sont immédiatement identifiés grâce à une boucle d’oreille colorée. « Chaque couleur correspond à la préfecture d’origine : bleu pour Rabat, rouge pour Salé, vert pour Témara. Le personnel veille à ce que chaque boucle soit bien fixée, en respectant les normes sanitaires et en minimisant tout inconfort pour les animaux », rassure Youssef Lhor, président de l’Association marocaine de protection des animaux et de la nature (AMPANA), gestionnaire du dispensaire.
Situé sur une superficie d’un hectare dans la préfecture de Salé, une ville située sur la rive droite de l’embouchure du fleuve Bouregreg, face à la capitale nationale Rabat, le dispensaire animalier régional géré par l’AMPANA est une structure dédiée à la protection animale.
Le centre est doté d’infrastructures sophistiquées comprenant un bloc opératoire entièrement équipé pour les stérilisations, des salles de soins post-opératoires, ainsi qu’une zone administrative moderne. La salle d’opération du dispensaire est équipée conformément aux normes en vigueur. Tous les instruments sont soigneusement stérilisés et le matériel chirurgical est parfaitement organisé et prêt à l’emploi.
Youssef Lhor, président de l’AMPANA, a expliqué : « Ce dispensaire, il est inscrit dans le cadre d’une stratégie nationale qui consiste à mettre en place ce qu’on appelle la TNR : Trap, Neutralize, Release. Cela signifie que nous capturons les chiens errants, nous les stérilisons, les vaccinons contre la rage, les traitons contre les parasites, puis nous les relâchons dans leur biotope d’origine. » Il ajoute que « cette méthode, recommandée par l’OMS et l’Organisation mondiale de la Santé animale, est la meilleure pour contrôler la population canine tout en respectant le bien-être des animaux. »
Le dispensaire utilise une application innovante baptisée GeoTNR, permettant de suivre en temps réel chaque étape de la capture, du traitement et du relâchement. « Tous nos agents terrain disposent de tablettes connectées qui nous permettent un suivi précis et efficace de toutes les opérations », précise le Dr Lhor. Une autre application dédiée aux citoyens, CityTNR, favorise la participation publique en offrant aux habitants un lien direct avec les activités sur le terrain.
Contrôler durablement la population canine
Cette initiative s’inscrit dans un contexte de lutte rigoureuse contre la prolifération des chiens errants, qui pose un défi majeur à la fois pour la santé publique et pour la protection animale. Le programme national, lancé suite à une convention signée en 2019 entre plusieurs ministères et l’Ordre national des vétérinaires, vise à étendre progressivement la méthode TNR dans tout le Royaume.
Les résultats sont déjà encourageants : plus de 1000 chiens stérilisés et relâchés en 2024, avec une réduction notable des phénomènes liés à la surpopulation canine. Le dispensaire de Rabat-Salé-Kénitra sert de modèle, tandis que d’autres centres similaires à Casablanca, Tanger, Marrakech ou Agadir sont en voie d’achèvement.
L’approche combine rigueur scientifique, gestion technologique et collaboration étroite avec la société civile, incarnée notamment par l’AMPANA, afin de garantir une réponse efficace, éthique et durable au phénomène des animaux errants au Maroc.
SS/ac/APA







