Alors que les ménages affrontent une conjoncture économique tendue, l’entrée en vigueur de la nouvelle grille tarifaire du carburant, le 6 décembre, suscite un accueil particulièrement positif dans les stations-service. Entre soulagement, espoir et prudence, automobilistes et chauffeurs réagissent à une baisse des prix rendue possible par les performances croissantes du secteur pétrolier et gazier.
La nouvelle grille tarifaire du carburant, entrée en vigueur le samedi 6 décembre, a eu un large écho positif chez les consommateurs, qui soulignent une baisse jugée à la fois notable et opportune dans un contexte économique difficile.
Dans les stations-service, les nouveaux prix — 920 francs CFA pour le super carburant contre 990 auparavant, et 680 francs pour le gasoil au lieu de 755 — s’ont immédiatement fait réagir les automobilistes. Beaucoup parlent d’un « véritable soulagement ». Cheikh Abdou Diop illustre cette baisse « vraiment significative » : là où 20 litres lui coûtaient 15 100 francs, il ne débourse désormais que 13 600 francs.
Pour certains, cette mesure constitue même une bouffée d’oxygène. « C’est une magnifique initiative… avec la crise économique que nous traversons, cette baisse nous arrange », se réjouit Ousman Ndiaye. D’autres accueillent la nouvelle avec optimisme, mais aussi prudence. Modou Ndiaye espère que « l’effort se poursuivra », tout en redoutant d’éventuelles hausses futures.
Les chauffeurs de taxi, particulièrement pénalisés par la flambée du carburant ces dernières années, expriment un soulagement plus appuyé encore.
« Avant cette décision, c’était très difficile pour nous et pourtant nous avons maintenu les mêmes tarifs. La baisse nous soulage réellement », témoigne Mouhamed Ba, rappelant le poids financier qu’ils supportaient.
Cette détente à la pompe est rendue possible par les performances croissantes des projets pétrolier et gazier Sangomar et GTA Grand Tortue Ahmeyim, dont les exportations renforcent la marge de manœuvre énergétique du Sénégal. Le ministère de l’Énergie, du Pétrole et des Mines fait état d’une production cumulée de 47,09 millions de barils à Sangomar depuis juin 2024, tandis que GTA a déjà exporté 2,18 millions de m³ de GNL via treize cargaisons.
Les retombées se reflètent également sur le commerce extérieur : les exportations de pétrole ont généré 464,6 milliards FCFA en 2024, contribuant à une amélioration du déficit commercial national, passé de 3 983,9 milliards en 2023 à 3 252,3 milliards en 2024. À l’échelle de l’UEMOA, le déficit courant ramené à 6,3 % du PIB traduit aussi une embellie régionale.
Si la mesure est globalement bien accueillie, usagers, syndicats et consommateurs restent attentifs à ses impacts à moyen terme, notamment sur le coût de la vie. Les autorités, elles, y voient l’un des premiers effets tangibles des revenus issus des hydrocarbures — un signal que beaucoup d’usagers espèrent durable.
RNK/ac/Sf/APA







