Dans la médina de Fès, chaque pas est une immersion. Entre tanneurs à l’œuvre, spiritualité tijanie et regards venus du monde entier, la capitale spirituelle du Maroc révèle un visage authentique, vibrant et profondément humain.
Fondée vers 789 par Moulay Idriss Ier, Fès demeure la plus ancienne cité impériale encore habitée du pays. Située à environ 200 km de Rabat, elle reste, malgré le déplacement de la capitale administrative, la capitale spirituelle du Maroc.
En cette période, la ville connaît une fraîcheur notable, bien différente de Casablanca, avec une pluie fine qui accentue le charme minéral des ruelles.
La Tijaniya, une spiritualité enracinée
La Zaouïa Sidi Ahmed Tijani, dans le quartier Blida, est un haut lieu du soufisme. Son fondateur, Seïdina Ahmed Tidjani (1737-1815), s’installa définitivement à Fès à l’âge de 63 ans.
Reconnu pour son savoir et sa piété, il est à l’origine de la confrérie tijania, aujourd’hui répandue en Afrique et au-delà. Son mausolée fait de Fès un centre spirituel international.
Dans la médina, le cuir comme héritage
Au cœur de Fès el-Bali, les tanneries traditionnelles continuent de façonner le quotidien. Ici, des artisans transforment les peaux animales en sacs, babouches et ceintures, selon des méthodes ancestrales. Les bassins colorés, l’odeur forte du cuir et le travail manuel racontent une économie vivante, transmise de génération en génération.
« Ici, rien n’est industriel, tout est patience et savoir-faire », explique Loutfi Benbrahim, guide touristique de Fès.
Une visite guidée, des regards du monde
Sur le terrain, la visite se fait à pas lents. Des visiteurs de plusieurs nationalités, venus dans le cadre de la CAN en cours, arpentent la médina. Certains portent des chaussures trempées, d’autres des parapluies noirs, contrastant avec les murs ocres. Malgré la pluie, l’enthousiasme est intact. « Fès se mérite, mais elle marque à jamais », confie Loutfi Benbrahim.
Selon les organisateurs, notamment l’ANME (Association nationale des médias et des éditeurs), ces visites se déroulent du 20 décembre 2025 au 2 janvier, afin de favoriser les échanges culturels pendant que le Maroc accueille la CAN.
De Casablanca à Rabat, Tanger, Marrakech, Fès et Agadir, cette initiative associe sport et culture et rappelle que la compétition continentale est aussi une vitrine du Royaume, de ses villes, de ses quartiers et du dialogue entre les religions.
SS/ak/Sf/APA







