L’ancien président béninois Boni Yayi qualifie le projet de révision constitutionnelle de menace pour les acquis démocratiques et appelle les députés de l’opposition à le rejeter.
L’ancien Président de la République du Bénin, Thomas Boni Yayi, a fermement rejeté lundi le projet de création d’un Sénat, dénonçant une initiative « antidémocratique » qui menace l’équilibre institutionnel du pays.
Dans une déclaration publiée sur sa page Facebook, l’ancien chef d’État a indiqué avoir été informé par la presse du dépôt à l’Assemblée nationale d’une proposition de loi visant à modifier la Constitution pour créer cette seconde chambre parlementaire.
Déposée le vendredi 31 octobre 2025 à l’ouverture de la deuxième session ordinaire de l’année par les présidents des groupes parlementaires Union progressiste le Renouveau (UPR) et Bloc républicain (BR), Aké Natondé et Assan Seïbou, la proposition a été affectée à la Commission des lois qui en a approuvé l’examen le lundi 3 novembre. Elle sera prochainement soumise à la plénière.
Selon ses initiateurs, cette révision vise à instaurer une période de trêve politique et à créer un Sénat chargé de rapprocher les options politiques divergentes, afin de favoriser un débat contradictoire et constructif ainsi qu’une action publique consensuelle. Le Sénat regrouperait des anciens présidents de la République, anciens présidents de l’Assemblée nationale, anciens présidents de la Cour constitutionnelle et anciens chefs d’état-major des forces de défense et de sécurité, tous membres de droit.
Thomas Boni Yayi estime toutefois que cette démarche, engagée sans consensus national, s’inscrit dans un climat d’exclusion qui fragilise la cohésion sociale et compromet la sérénité du débat républicain. L’ancien président, qui a dirigé le Bénin de 2006 à 2016, juge que la création d’un Sénat n’est « ni opportune ni légitime ».
« Je ne saurais en aucun cas faire partie de cette institution comme membre de droit ni cautionner un tel projet, dont le dessein véritable semble être de modifier la nature même de notre régime politique », a-t-il déclaré, mettant en garde contre une « dérive institutionnelle » qui pourrait « mettre en péril les acquis démocratiques chèrement obtenus ».
L’ancien chef d’État a lancé un appel solennel aux 22 députés du parti Les Démocrates pour qu’ils rejettent cette proposition de révision constitutionnelle. Il estime que cette minorité de blocage permettrait de « rendre la parole au peuple » à travers un référendum, qualifié d’« expression suprême de la volonté nationale ».
« Ensemble, défendons notre République, notre démocratie et notre unité nationale. Refusons toute altération de l’équilibre institutionnel qui menace notre vivre-ensemble et l’avenir de notre Nation », a conclu Thomas Boni Yayi, appelant à « sauver la patrie ».
Cette prise de position intervient dans un contexte politique tendu au Bénin, marqué par l’exclusion du parti Les Démocrates de la course à la présidentielle d’avril 2026, faute de parrainages suffisants.
AC/Sf/APA







