Malgré une légère reprise, le fabricant d’électroménager Brandt reste empêtré dans les difficultés financières, symbole des défaillances structurelles du tissu industriel algérien.
L’Algérie, qui dispose pourtant de ressources humaines et matérielles considérables, voit ses ambitions de souveraineté industrielle contrecarrées par une incapacité persistante à créer des chaînes de valeur viables, attractives et pérennes.
Dix ans après son rachat par le conglomérat algérien Cevital, le groupe Brandt ne parvient toujours pas à retrouver sa pleine capacité opérationnelle. En dépit d’une modeste embellie ces derniers mois, le fabricant d’électroménager continue de subir les contrecoups d’un environnement économique instable et d’une gestion industrielle plombée par les dysfonctionnements systémiques de l’économie algérienne.
Racheté en 2014 à la barre du tribunal de commerce de Nanterre après la faillite de FagorBrandt, l’ex-fleuron français devait symboliser l’émergence d’un grand groupe industriel maghrébin tourné vers l’international. Cevital, dirigé par Issad Rebrab, ambitionnait d’en faire un pilier de sa diversification. Mais en réalité, Brandt illustre aujourd’hui les limites d’un modèle industriel fondé sur le protectionnisme, l’opacité réglementaire et une dépendance excessive aux arbitrages politiques.
Les rares résultats positifs enregistrés récemment restent bien en-deçà des attentes. La production des usines algériennes, longtemps paralysée par les restrictions à l’importation et le blocage des transferts bancaires, peine à répondre à la demande locale, tandis que les exportations demeurent marginales. Pire : les pertes cumulées ont fragilisé la chaîne d’approvisionnement et détérioré la confiance des distributeurs.
Le cas Brandt n’est pas isolé. Il témoigne plus largement de la fragilité du secteur industriel algérien, où de nombreuses entreprises — y compris les plus emblématiques — voient leur compétitivité rognée par une gouvernance erratique, un climat des affaires dégradé et une absence criante de vision stratégique. Malgré les discours officiels sur la « relance industrielle », les faillites et les suspensions d’activité se multiplient, sur fond de désorganisation chronique du marché intérieur.
MK/ac/APA





