En visite au Ghana, l’ancien président sud-africain Jacob Zuma appelle à un revirement panafricain sur la question du Sahara.
L’ancien président sud-africain Jacob Zuma a réitéré, lors d’une visite à Accra, son soutien au plan d’autonomie proposé par le Maroc pour le Sahara, présenté comme la seule voie crédible pour résoudre ce différend régional. Leader du parti Mkhonto we Sizwe (MK), devenu la troisième force politique en Afrique du Sud, Zuma a affirmé que cette option s’inscrivait dans une logique d’unité et de stabilité pour le continent africain.
« Le soutien à la marocanité du Sahara contribue à l’unité du continent, à sa stabilité et à son développement », a déclaré Zuma devant un auditoire ghanéen, ajoutant que toute autre alternative « ne servirait que des agendas étrangers et diviserait l’Afrique ».
Cette prise de position intervient dans un contexte de recomposition politique en Afrique du Sud, où l’ANC, au pouvoir depuis la fin de l’apartheid, reste officiellement aligné sur la cause du Polisario. Mais la percée du parti MK, fondé en 1961 par Nelson Mandela avant d’être absorbé par l’ANC, ouvre la voie à un débat plus large. Selon Zuma, un mémorandum interne adopté par son mouvement recommande de renforcer les relations avec Rabat et d’inciter Prétoria à reconnaître le rôle central du Maroc en Afrique.
La visite de Zuma à Rabat en juillet, suivie de ses déclarations à Accra, marque une rupture progressive avec la position pro-Polisario historiquement défendue par Prétoria. Des analystes estiment qu’un changement de cap, même progressif, de la diplomatie sud-africaine ne peut plus être exclu.
En s’appuyant sur l’héritage panafricaniste de Mandela, Zuma présente son soutien à Rabat comme un prolongement naturel de la solidarité historique du Maroc dans la lutte contre l’apartheid. Une relecture qui, si elle s’impose dans le débat sud-africain, pourrait accentuer la fissure du front pro-Polisario sur le continent.
MK/ac/Sf/APA







