Alors que les conséquences des manifestations anti-migrants du 30 juin continuent de se faire sentir en Afrique du Sud, le Nigéria poursuit le rapatriement de ses ressortissants avec un troisième vol spécial transportant 271 personnes de Johannesburg à Lagos.
Le gouvernement nigérian poursuit l’évacuation de ses ressortissants d’Afrique du Sud avec le départ prévu, dans la nuit de jeudi à vendredi, d’un troisième vol spécial transportant 271 Nigérians depuis Johannesburg vers Lagos, alors que les tensions consécutives aux manifestations anti-migrants du 30 juin continuent de susciter des inquiétudes.
Le ministère nigérian des Affaires étrangères a annoncé jeudi que l’appareil affrété par la compagnie Air Peace décollera de Johannesburg à minuit avec 271 rapatriés à son bord. Son arrivée à Lagos est prévue le vendredi 3 juillet 2026.
Cette troisième rotation intervient après deux premiers vols qui avaient permis le retour de 66 puis de 269 ressortissants nigérians. Au total, 606 citoyens nigérians auront ainsi été rapatriés d’Afrique du Sud dans le cadre de cette opération.
Abuja indique que ces évacuations visent à assister les ressortissants ayant choisi de regagner le Nigéria dans un contexte marqué par une recrudescence des tensions visant les migrants étrangers.
Les rapatriements se poursuivent alors que les autorités sud-africaines maintiennent un important dispositif sécuritaire à la suite des mobilisations anti-immigrés organisées le 30 juin dans plusieurs villes du pays.
Les conséquences de cette journée de manifestations continuent de se faire sentir. Le ministère ghanéen des Affaires étrangères a confirmé la mort par balle de l’un de ses ressortissants, Bashiru Isak, 40 ans, tué à Khayelitsha lors de violences survenues en marge des rassemblements. Accra a condamné cet acte, exigé une enquête « complète, transparente et rapide » et engagé des démarches pour le rapatriement de la dépouille.
Selon le Centre national conjoint des opérations et du renseignement (NATJOINTS), la police sud-africaine a recensé 120 manifestations le 30 juin, dont 108 se sont déroulées sans incident majeur. Plus de 900 personnes ont été arrêtées pour violences publiques, pillages ou infractions liées à l’immigration, tandis qu’une enquête a été ouverte sur un second décès à Durban, où un ressortissant étranger est mort après une chute du huitième étage d’un immeuble dans des circonstances encore indéterminées.
Dans la province de l’État libre, un bilan distinct fait état de 606 citoyens nigérians3 116 arrestations en quatre jours d’opérations multidisciplinaires, dont 581 étrangers en situation irrégulière, à la suite de pillages signalés dans plusieurs localités.
Selon une analyse du cabinet Alfa Destiny Communications, les autorités sud-africaines avaient mobilisé un dispositif sécuritaire estimé à 600 millions de rands pour encadrer cette journée de mobilisation nationale. Le rapport relève que plusieurs pays africains ont renforcé les mesures de protection et de rapatriement de leurs ressortissants face à la dégradation du climat sécuritaire.
AC/Sf/APA







