Les autorités sud-africaines ont dressé un bilan globalement positif des manifestations du 30 juin, tout en annonçant plus de 900 arrestations pour diverses infractions et la poursuite des opérations de sécurité à travers le pays.
Les autorités sud-africaines ont annoncé mercredi que les manifestations nationales organisées le 30 juin contre l’immigration irrégulière s’étaient déroulées dans un climat globalement calme, malgré plusieurs incidents ayant conduit à plus de 900 arrestations à travers le pays.
Lors d’un point de presse du Centre national conjoint des opérations et du renseignement (NATJOINTS), la commissaire nationale adjointe du Service de police sud-africain (SAPS), le lieutenant-général Tebello Mosikili, a indiqué que 120 manifestations avaient été recensées à l’échelle nationale. Parmi elles, 108 se sont déroulées sans incident majeur, tandis que 12 ont nécessité l’intervention des forces de l’ordre.
Selon la responsable policière, plus de 900 personnes ont été interpellées pour diverses infractions, notamment des faits de violence publique, de pillage et des délits liés à l’immigration. Elle a également confirmé qu’un incident par arme à feu survenu dans le quartier de Hillbrow, à Johannesburg, avait fait deux blessés.
« Les Sud-Africains ont exercé leurs droits constitutionnels et l’écrasante majorité l’a fait de manière pacifique, responsable et dans le respect de la loi », a déclaré Mme Mosikili, saluant également la coopération des organisateurs des marches et la mobilisation des différents services de sécurité.
Les autorités ont assuré que les opérations de contrôle se poursuivraient, notamment pour lutter contre la criminalité et renforcer les vérifications liées à l’immigration. « Nous restons vigilants, nous restons prêts et nous continuerons d’agir résolument contre quiconque menace la sûreté, la sécurité et la stabilité de notre pays », a ajouté la présidente de NATJOINTS.
Cette journée de mobilisation s’est déroulée dans un contexte de fortes tensions autour de la politique migratoire sud-africaine. Dans une analyse publiée le 30 juin, le cabinet Alfa Destiny Communications relevait que le gouvernement avait mobilisé un dispositif sécuritaire doté de 600 millions de rands pour prévenir les violences. Le rapport souligne également que la crise a suscité des mesures d’assistance et de protection de ressortissants étrangers par plusieurs États africains et estime que la question migratoire devrait demeurer un thème majeur jusqu’aux élections municipales prévues le 4 novembre 2026.
Parallèlement à ce bilan officiel, la police a ouvert une enquête sur la mort d’un ressortissant étranger, retrouvé sans vie dans la nuit de lundi à mardi à Durban. Selon le SAPS, l’homme aurait chuté du huitième étage d’un immeuble du centre-ville après s’être caché, avec deux autres ressortissants étrangers, dans un entrepôt pendant plusieurs jours. Les circonstances exactes du drame ainsi que l’identité de la victime et le statut migratoire des personnes impliquées font toujours l’objet d’investigations.
Ces événements interviennent alors que les manifestations, organisées à l’appel de mouvements réclamant l’expulsion des migrants en situation irrégulière, ont conduit plusieurs commerces à fermer temporairement et nécessité un important déploiement policier dans les principales villes du pays, notamment Johannesburg et Durban. Les autorités avaient, à la veille des rassemblements, appelé au calme tout en réaffirmant leur volonté de renforcer l’application de la politique migratoire.
AC/Sf/APA







