Les acteurs du secteur semencier ouest-africain et sahélien se retrouvent cette semaine à Accra pour examiner les avancées de l’harmonisation réglementaire qui doit faciliter la circulation des semences dans la région.
La dixième réunion ordinaire du Comité régional des semences et plants de l’Afrique de l’Ouest et du Sahel (CRSPAO) réunit du 15 au 17 septembre les représentants de vingt-trois pays sous l’égide du Conseil ouest et centre africain pour la recherche et le développement agricoles (Coraf) et de ses partenaires institutionnels.
Cette rencontre annuelle fait le bilan de l’application du règlement semencier régional harmonisé adopté en 2018 par la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (Cédéao), l’Union économique et monétaire Ouest-africaine (Uemoa) et le Comité Inter-États de Lutte contre la Sécheresse dans le Sahel (Cilss).
L’objectif ambitieux consiste à permettre la libre circulation des semences certifiées dans l’espace ouest-africain et sahélien, contribuant ainsi à l’amélioration de la productivité agricole et à l’autosuffisance alimentaire régionale, explique la note parvenue ce lundi à APA.
« Nous devons intensifier nos efforts pour veiller à ce que les réglementations harmonisées en matière de semences soient des instruments dynamiques qui facilitent le commerce des semences, favorisent l’assurance qualité et améliorent l’accès des agriculteurs à des variétés améliorées », souligne John Dumelo, Vice-ministre de l’Alimentation et de l’Agriculture du Ghana, pays hôte de la réunion.
Des défis persistants
Malgré sept années d’existence, le règlement peine à produire ses effets escomptés. Le Dr Moumini Savadogo, directeur exécutif du Coraf, dresse un constat mitigé. A l’en croire, « la multiplication des semences reste insuffisante pour couvrir nos besoins, les systèmes de certification accusent encore des dysfonctionnements, et surtout, les barrières commerciales continuent d’entraver la libre circulation des semences entre nos pays. »
Ces obstacles structurels appellent selon lui « des solutions innovantes et une volonté politique renouvelée » pour débloquer le potentiel du marché semencier régional. La Commission de la Cédéao reconnaît pourtant « le rôle central des semences dans l’amélioration de la productivité agricole », comme le rappelle le Dr Emmanuel Glé, représentant de la Commissaire aux affaires économiques et à l’agriculture.
Le CORAF, qui assure le secrétariat technique du CRSPAO depuis sa création, entend maintenir sa mission de coordination avec le soutien de ses partenaires techniques et financiers. Cette organisation sous-régionale, créée en 1987 et basée à Dakar, fédère les systèmes nationaux de recherche agricole de vingt-trois pays d’Afrique de l’Ouest et du Centre autour de l’objectif commun d’améliorer les moyens de subsistance par l’augmentation durable de la production agricole.
La réunion d’Accra devra notamment évaluer les recommandations de la neuvième session qui s’était tenue à Abidjan en 2024 et définir les priorités pour accélérer l’accès des producteurs à des semences de qualité dans la région.
Les travaux du CRSPAO se poursuivront jusqu’au 17 septembre à Accra, rassemblant institutions semencières, partenaires techniques et organisations paysannes de la région.
ARD/Sf/APA







