Le ministre marocain des Habous et des Affaires islamiques a exhorté mardi les musulmans à restaurer les valeurs de paix et à en faire un exemple concret d’appel à l’islam, lors de la 6e Conférence africaine pour la promotion de la paix à Nouakchott. Ahmed Toufiq a insisté sur la nécessité de réformer l’être humain en le libérant de l’égoïsme, qu’il considère comme « l’épicentre des guerres ».
Le ministre marocain des Biens religieux et des Affaires islamiques, Ahmed Toufiq, a appelé mardi à Nouakchott à la restauration des valeurs de paix et à en faire « un modèle vivant pour appeler à l’islam et à la paix », considérant que « la réforme de l’être humain est la clé de cette entreprise ».
Dans un discours prononcé lors de la séance d’ouverture de la sixième Conférence africaine pour la promotion de la paix, organisée sous le slogan « L’Afrique et la construction de l’espoir » au Centre international des Conférences Moctar Ould Daddah, M. Toufiq a déclaré que les musulmans « doivent prendre conscience qu’il est de leur devoir, pour leur propre bien et pour le bien du monde, de rétablir l’éthique de la paix dans leur vie et de l’établir comme un exemple vivant, et non seulement verbal, par lequel ils appellent à l’islam et à la paix ».
Le ministre marocain a souligné que cela exige que « les musulmans soient libérés à nouveau de leurs désirs et des maux qui sont en eux-mêmes », ajoutant que l’espoir repose sur « la capacité des musulmans à se rétablir en corrigeant leur pratique religieuse sur la base de ce qui a réformé leurs prédécesseurs, à savoir la libération de l’égoïsme par le monothéisme », car c’est « l’épicentre des guerres ».
M. Toufiq a développé cette analyse en affirmant que l’égoïsme « alimente la guerre entre l’homme et lui-même, entre les individus et les groupes, au sein des familles, entre les groupes et les sectes, et entre les pays ».
Le responsable marocain a appelé les érudits, prédicateurs et éducateurs musulmans à expliquer les concepts religieux d’une manière qui corresponde à la terminologie en vigueur dans la culture actuelle, « par exemple en expliquant l’avarice comme de l’égoïsme, le succès comme la prospérité, le bonheur comme une vie réussie, et la liberté comme commençant avant tout par la libération d’une personne de ses désirs, au lieu de se concentrer sur la liberté au sens moderne du terme, qui n’est aujourd’hui qu’une liberté par rapport aux autres ».
Dans ce contexte, le ministre a exhorté les musulmans à faire la distinction entre la religion à laquelle ils appartiennent, « que Dieu a perfectionnée », et leur pratique religieuse aux niveaux individuel et collectif, appelant les érudits et les imams à réfuter les accusations de terrorisme, suivant l’exemple donné par les érudits du Royaume du Maroc.
À cet égard, il a mentionné un séminaire organisé par des érudits marocains en 2007 au cours duquel ils ont « expliqué, discuté, réfuté et démontré que 11 affirmations concernant le terrorisme mènent au terrorisme et ne sont pas fondées sur la charia et la sunna correctes ».
M. Toufiq a considéré que les musulmans devaient « prendre conscience de la gravité de leur position dans le monde et de ce qu’elle leur impose quant à la nécessité de construire un modèle moral, politique et social fondé sur le système théorique et pratique contenu dans le Saint Coran », soulignant que « la paix est un mode de vie aux niveaux individuel, collectif et international et qu’elle doit être soutenue par une conception de la vie liée à la signification de la vie ».
Il a fait remarquer que cet objectif ne peut être atteint que par « la foi et la certitude dans la promesse de Dieu Tout-Puissant d’une vie bonne, c’est-à-dire une vie de paix complète, à condition qu’elle soit fondée sur la foi et les bonnes actions », indiquant que c’est le point de départ des érudits marocains dans leur projet intitulé « Tasid al-Tabligh » (Consolidation de la transmission du message).
La Conférence africaine pour la promotion de la paix, qui se poursuit jusqu’au 12 février, rassemble des centaines d’universitaires, d’éducateurs, de leaders d’opinion et de décideurs venus des quatre coins du monde.
Selon les organisateurs, l’événement vise à servir de plateforme d’élaboration de politiques et à proposer des initiatives concrètes qui convainquent les peuples africains que leur avenir se construit grâce à la science et au travail dans un climat de stabilité, loin des tragédies des migrants et de l’extrémisme.
AC/Sf/APA







