Dans une ambiance solennelle, marquée par des échanges entre figures politiques, diplomatiques et acteurs du monde de la recherche, l’ambassadeur du Maroc au Sénégal, Hassan Naciri, a présenté lundi 27 juillet à Dakar son ouvrage « Sahara marocain : enjeux géopolitiques d’une question majeure pour le Maroc ». Préfacé par Moustapha Niasse, ancien Premier ministre du Sénégal et ancien président de l’Assemblée nationale, le livre propose une analyse historique, juridique, géopolitique et sécuritaire d’un dossier majeur pour le Royaume.
Dans un cadre solennel, l’ambassadeur du Maroc au Sénégal, Hassan Naciri, a présenté son ouvrage consacré au Sahara marocain devant un parterre composé de membres du corps diplomatique accrédité à Dakar, d’anciens responsables politiques, de chercheurs, d’universitaires et de personnalités issues de différents horizons. Une cérémonie placée sous le signe de la réflexion et du dialogue.
Intitulé « Sahara marocain : enjeux géopolitiques d’une question majeure pour le Maroc », l’ouvrage propose une lecture multidimensionnelle d’un dossier que l’auteur analyse à travers l’histoire, le droit, la diplomatie, la géoéconomie et les questions de sécurité.
Préfacé par Moustapha Niasse, ancien Premier ministre du Sénégal et ancien président de l’Assemblée nationale, le livre a été présenté comme une contribution à la compréhension des différentes dimensions d’une question centrale dans la politique extérieure marocaine.
Dans son intervention, Hassan Naciri a expliqué que sa démarche repose sur une conviction : la question du Sahara ne peut être réduite à une simple controverse territoriale.
« La question du Sahara ne saurait être réduite à une simple controverse territoriale ou frontalière. Elle engage l’histoire de l’État marocain, son intégrité territoriale, sa sécurité, son développement et sa vocation africaine », a déclaré le diplomate marocain.
L’auteur revient dans son ouvrage sur l’histoire du Maroc et sur le processus de reconstitution territoriale engagé après la période coloniale. Il inscrit la question saharienne dans une continuité historique marquée, selon son analyse, par le morcellement colonial et la récupération progressive de territoires.
Hassan Naciri développe une approche articulée autour de quatre dimensions : le cadre juridique, les réalités du territoire et de ses populations, les enjeux géopolitiques liés aux rapports de force régionaux et internationaux, ainsi que le rôle des différents acteurs.
Pour lui, la persistance du différend s’explique avant tout par des facteurs politiques et géopolitiques.
« Le blocage apparaît avant tout politique et géopolitique : rapports de forces régionaux, héritage de la guerre froide, rivalité de puissance, perception de sécurité et difficultés persistantes du Maghreb à se constituer en espace intégré », a-t-il soutenu.
L’ouvrage aborde également les transformations économiques des provinces du Sud, à travers les investissements dans les infrastructures, les projets de développement et la position stratégique du Sahara dans les espaces africain et atlantique.
La dimension sécuritaire occupe aussi une place importante dans l’analyse proposée par Hassan Naciri. Selon lui, le Sahara se situe au contact d’un environnement sahélo-saharien confronté à plusieurs menaces transnationales.
« La stabilité du Sahara marocain constitue non seulement un enjeu de sécurité nationale, mais également un facteur de stabilité pour le Maghreb, le Sahel, l’Afrique de l’Ouest et l’espace atlantique », a-t-il affirmé.
Dans la dernière partie de son ouvrage, le diplomate marocain examine le rôle des Nations Unies, de l’Union africaine (UA) et des principaux acteurs internationaux dans l’évolution du dossier.
Il a également évoqué les orientations du roi Mohammed VI sur cette question, en soulignant l’importance d’une approche fondée sur le compromis et une solution politique durable.
Hassan Naciri a notamment rappelé la position exprimée par le souverain marocain dans son discours du 31 octobre 2025, dans lequel Mohammed VI a appelé à une solution permettant de « sauver la face de toutes les parties, sans vainqueur ni vaincu ».
L’ambassadeur marocain a par ailleurs rendu hommage au roi Mohammed VI pour la confiance qui lui est accordée dans l’exercice de ses fonctions diplomatiques.
« Sa Majesté le Roi Mohamed VI que Dieu l’assiste pour la confiance dont il m’honore, qui constitue pour moi à la fois un privilège, une responsabilité et une source constante d’engagement au service de mon pays », a-t-il déclaré.
La cérémonie a également été marquée par des échanges entre les différents intervenants, notamment avec Amadou Diop, ancien ambassadeur du Sénégal auprès de l’Union européenne, qui a évoqué les relations historiques entre Dakar et Rabat à travers la figure de feu le roi Hassan II.
« Ce grand roi (Hassan II) qui a incarné l’amitié, la fraternité entre les peuples », a déclaré l’ancien diplomate sénégalais.
Amadou Diop a rappelé un épisode symbolique des derniers instants du souverain marocain, marqué par la présence de plusieurs dirigeants internationaux.
« Dans ce groupe, il y avait le roi Hussein de Jordanie, le président Yasser Arafat, le président Abdou Diouf. Pour vous dire la profondeur des liens entre le Sénégal et le Maroc », a-t-il ajouté.
À travers cette présentation à Dakar, Hassan Naciri a proposé une lecture du Sahara marocain fondée sur l’articulation entre histoire, géopolitique, développement et sécurité, tout en ouvrant un espace d’échanges entre responsables politiques, diplomates et chercheurs autour des enjeux liés à ce dossier.
AC/Sf/APA





