Le Sénégal consolide ses nouvelles institutions avec la nomination de Mamadou Dia à la présidence du Conseil du gouvernement, le 7 septembre 1960, deux semaines après la proclamation de l’indépendance du pays.
Au lendemain de l’élection de Léopold Sédar Senghor à la présidence de la République, le nouvel exécutif sénégalais est constitué autour de Mamadou Dia, confirmé à la tête du gouvernement. Quatorze ministres sont également nommés pour former le premier gouvernement de la République indépendante.
Cette organisation découle de la Constitution adoptée à la fin du mois d’août 1960, qui prévoit alors un partage des responsabilités entre le chef de l’État et le président du Conseil. Dia est chargé de conduire l’action gouvernementale, tandis que Senghor exerce la fonction présidentielle.
La nomination intervient dans le prolongement de la rupture entre le Sénégal et la Fédération du Mali, survenue en août 1960, et de la proclamation de la République sénégalaise. Elle achève ainsi la mise en place des principaux organes de l’État nouvellement indépendant.
Mamadou Dia, qui avait déjà dirigé le gouvernement sénégalais depuis l’instauration de l’autonomie interne, devient l’un des deux principaux dirigeants de la jeune République. Le tandem Senghor-Dia va dominer la vie politique sénégalaise durant les premières années de l’indépendance.
Compagnons politiques depuis les années de lutte anticoloniale, Senghor et Dia forment alors le sommet de l’exécutif sénégalais. Dia dirige l’action gouvernementale et dispose d’importantes prérogatives en matière de politique intérieure et économique, tandis que Senghor exerce notamment les responsabilités liées à la représentation de l’État et aux affaires extérieures.
Cette entente initiale va cependant progressivement se détériorer. Les divergences portent notamment sur l’orientation économique du pays, le fonctionnement du régime et les rapports avec la France, Dia défendant une politique de transformation économique plus volontariste et une plus grande autonomie, tandis que Senghor privilégie une approche plus graduelle.
Le différend atteint son paroxysme en décembre 1962, lorsqu’une motion de censure est déposée contre le gouvernement de Dia. Le 17 décembre, Dia tente d’empêcher l’examen de cette motion par l’Assemblée nationale. La crise tourne à l’affrontement institutionnel : Dia est arrêté le 18 décembre 1962 avec plusieurs de ses proches collaborateurs.
La confrontation entraîne la fin du régime parlementaire bicéphale. Une nouvelle Constitution adoptée en 1963 renforce considérablement les pouvoirs présidentiels et fait de Senghor le principal détenteur du pouvoir exécutif
Le 7 septembre 1960 marque ainsi une étape fondatrice de l’histoire institutionnelle du Sénégal : le pays se dote officiellement de son premier gouvernement indépendant, avec Mamadou Dia comme président du Conseil.
Sf/APA





